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13/04/2017

Sur la côte varoise

Quitter la Belgique par temps gris et pluvieux pour un séjour dans le Midi, rouler tout un dimanche avec France Inter dans les oreilles pour se mettre dans le bain français – « On va déguster » nous a donné envie de citrons à l’aller, de fines herbes au retour –, c’est avoir rendez-vous souvent, passé Lyon, avec un ciel d’azur qui fait rêver des plages, de la mer et des sentiers du littoral où s’enivrer d’ambiances méditerranéennes. Mais il a fallu cette fois composer certains jours avec les nuages et la pluie ; en mars, il est vrai, le printemps tout neuf est encore timide.

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Qu’elle est belle, la côte varoise ! Ci-dessous une vue d’ensemble, prise du massif du Cap-Sicié vers les Sablettes (La Seyne-sur-mer), la presqu’île de Saint-Mandrier et à l’arrière-plan, la baie de Toulon. Puis le petit port du Brusc, toujours sympathique ; les nouveaux pontons y accueillent de plus en plus de bateaux. A Sanary-sur-mer, le port est en chantier, mais il y reste tant de beaux endroits pour se promener et contempler, du haut de la falaise ou depuis la montée du calvaire.

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A Bormes-les-Mimosas, la végétation luxuriante enchante de tous côtés. Formes exotiques, parterres soignés, fleurs aux couleurs éclatantes, glycines… Les arbres de Judée y étaient déjà bien en fleurs. En cette saison où les flâneurs ne sont pas très nombreux encore, les chats de rencontre se montrent très sociables.

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J’ajoute à ces quelques photos de vacances celle de cette tourterelle qui s’est trouvé une place originale pour faire son nid – tranquille. A bientôt pour un aperçu de la suite : après la côte varoise, ce sera la Drôme provençale.

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11/04/2017

Il y a eu la vie ici

choplin,antoine,la nuit tombée,roman,littérature française,russie,tchernobyl,culture« Il y a eu la vie ici
Il faudra le raconter à ceux qui reviendront
Les enfants enlaçaient les arbres
Et les femmes de grands paniers de fruits
On marchait sur les routes
On avait à faire
Au soir
Les liqueurs gonflaient les sangs
Et les colères insignifiantes
On moquait les torses bombés
Et l’oreille rouge des amoureux
On trouvait du bonheur au coin des cabanes
Il y a eu la vie ici
Il faudra le raconter
Et s’en souvenir nous autres en allés »

Antoine Choplin, La nuit tombée

10/04/2017

Le voyage de Gouri

On a le cœur serré en lisant La nuit tombée d’Antoine Choplin (2012), le récit court d’une nuit très noire, celle de Tchernobyl – le nom n’apparaît pas. Gouri quitte Kiev à moto, une remorque bricolée à l’arrière, pour se rendre dans « la zone ». Cela fait deux ans qu’il ne s’est plus rendu à Chevtchenko, chez ses amis Iakov et Vera. Presque toutes les maisons du village sont vides, « tout le monde est parti » ou presque.

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Mario Sironi, Motociclista, 1924

Iakov ne va pas bien, il souffre beaucoup – « Tu vas le trouver changé, tu sais. » Un verre de vodka en guise d’accueil. Gouri en a apporté aussi, « de la bonne ». Piotr, « le gamin aux chats », est presque toujours fourré chez eux, sa mère a disparu, jamais remise de la mort d’Alexeï, « un des premiers » à mourir durant l’été 1986. Vera le met en garde : « Et tu crois vraiment que c’est possible d’aller jusqu’à Pripiat ? Il paraît que toutes les routes sont surveillées. La zone, c’est plus comme avant, on n’y rentre plus comme ça. »

Gouri veut revoir la ville, son quartier, leur appartement, « récupérer deux ou trois choses », même si on dit que tout a été pillé. Il n’en a rien dit à Tereza, sa femme, trop inquiète depuis que leur fille Ksenia est malade. Sur son lit, Iakov est méconnaissable, mais il est content de partager ses souvenirs avec Gouri. Deux ans plus tôt, ils avaient passé une nuit au pont à chanter, avec les autres. Puis Gouri était parti, on lui avait donné un travail d’écrivain public à Kiev – il s’en est souvent voulu d’être parti. Il aimerait savoir ce qui s’est passé pour eux après cette nuit-là.

Iakov raconte l’arrivée des camions militaires, une quinzaine de gars engagés pour faire leur devoir de citoyen en nettoyant la zone. Les animaux tués, par mesure de précaution. Piotr bouleversé de retrouver ses deux chats en bouillie. Des mois de travail entrecoupés de retours au village, « juste le temps de tout bien laver comme il faut et aussi de dormir tout notre saoul ». Entre Pripiat et la centrale, « certaines nuits, les arbres se mettaient à rougeoyer ». Les évacuations forcées.

Deux vieux, Leonti et Svetlana, se joignent à eux pour le repas du soir, plutôt méfiants envers Gouri parce qu’il vient de la ville. Mais Svetlana lui montrera les pierres sur lesquelles elle peint des fleurs et lui en offrira une. Et aussi leur ami Kouzma, qui raconte ce qu’il a vécu de son côté et l’avertit : dans son village, les pelleteuses ont tout changé, il n’y avait plus rien à récupérer.

Mais quand Gouri remonte sur sa moto, il lui propose de l’accompagner : il connaît les bonnes routes, les rondes des gardes. Pourquoi Kouzma veut retourner dans la zone et ce que Gouri va trouver là où c’était chez lui, Antoine Choplin le raconte dans la dernière partie de La nuit tombée. Un roman prenant, plein de retours à la ligne comme des silences pour souligner l’impensable. Dans un style minimaliste, comme l’écrit Aifelle qui m’a fait découvrir cet auteur, il dit « en peu de pages les ravages profonds causés aux êtres humains balayés par les grandes catastrophes. »

08/04/2017

A la plume

wouters,rik,exposition,bruxelles,mrbab,2017,peinture,sculpture,dessin,art,belgique,culture« A l’instar d’Hokusaï, Rik Wouters est fou de dessin. Il dessinait toujours et partout. Nel en savait quelque chose : « Pendant mon sommeil, à ma toilette, durant mes repas, Rik était là, la plume à la main, comme la sentinelle vigilante de ma vie. » Et Rik de s’exclamer parfois : « Je ne fais que dessiner à la plume depuis trois semaines, quel merveilleux instrument ! »

Roger Avermaete, Rik Wouters, Jacques Antoine, Bruxelles, 1986.

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017

Rik Wouters, Femme à la table ronde (source non identifiée)

 

06/04/2017

Dame en bleu

RIK-WOUTERS_Lady in blue before a mirror.jpg
Rik Wouters, Dame en bleu devant une glace, (1914), huile sur toile, 121 x 123 cm, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique,
inv. 8660, legs de Mme Delporte-Livrauw et du Dr Franz Delporte, Bruxelles, 1973–1976
© Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles / photo : J. Geleyns - Ro scan

« Assignant à la couleur une valeur expressive dégagée de la seule notation impressionniste, Wouters contribue à un mouvement général d’émancipation de la représentation inféodée à l’observation. Ainsi, lorsqu’il peint La Dame en bleu, il lie l’assomption jubilatoire de l’instant amoureux à l’atomisation de la représentation. De là son goût pour le motif du tableau dans le tableau qui lui permet – sans devoir se frotter à la délicate question de la mort du sujet – de laisser sa peinture esquisser le terme même de sa recherche : paysage ou figure, l’image accrochée au mur et captée dans le reflet du miroir se dénoue en pur jeu plastique. »

Dossier de presse

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017

04/04/2017

Artiste du quotidien

RIK-WOUTERS_Woman in the sun.jpg« Artiste du quotidien, il transfigure le geste d’habitude, les attitudes, par un surplus de vie, intérieure et extérieure, qu’attendrissent ou dynamisent des jeux de couleurs et de lignes s’accordant au rayonnement des êtres et des chromatismes au-delà des limites du tableau, de la sculpture, du dessin. »

Roger Pierre Turine, Rik Wouters en toute humilité, La Libre Belgique, 13/3/2017

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017

Rik Wouters, Femme au soleil [Au soleil], (1911), bronze, 62,5 x 45,5 x 44,5 cm, Bruxelles,
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, inv. 4746
© Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles / photo : J. Geleyns - Ro scan

03/04/2017

Allégresse

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Rik Wouters, Femme à la mantille, (1913), pastel sur carton, 760 x 555 mm, Liège,
Musée des Beaux-Arts de La Boverie, AW 2190 © Liège, Musée des Beaux-Arts de La Boverie

« Son art s’imposa très tôt, malgré les goûts nettement conservateurs du milieu. C’est que son art, malgré de prétendues outrances, sut vaincre les résistances et triompha par ses accents d’allégresse. Outrances au reste illusoires, car avant qu’elles se fussent manifestées, fauves, futuristes et cubistes s’en étaient déjà donné à cœur joie. »

Roger Avermaete, Rik Wouters, Jacques Antoine, Bruxelles, 1986.

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017

 

01/04/2017

Vie

RIK-WOUTERS_Nightmare - war.jpg« Jusqu’au bout Rik Wouters sera égal à lui-même ; et, quoique terrassé par la souffrance, il aura l’énergie nécessaire pour chanter la vie, les multiples images de la vie. Ici encore, la palette fournira de précieuses indications. Tout son œuvre peint est dominé par le rouge. Rares sont les toiles où cette couleur ne tient pas la vedette. »

Roger Avermaete, Rik Wouters, Jacques Antoine, Bruxelles, 1986.

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017

Rik Wouters, Cauchemar, guerre, (1914), aquarelle sur papier, 175 x 248 mm,
Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten,
inv. 3303, don du Dr Ludo Van Bogaert-Sheid, 1989
© Lukas - Art in Flanders vzw. Photo Hugo Maertens

 

30/03/2017

Frémissement de lumière

RIK-WOUTERS_Autumn.jpg
Rik Wouters, Automne, 1913, huile sur toile, 135,5 x 140,5 cm, Musée des Beaux-Arts, Anvers,
inv. 3293, don du Dr Ludo Van Bogaert-Sheid, 1989
© Lukas - Art in Flanders vzw. Photo Hugo Maertens

« Les couleurs, de plus en plus liquides, ne seront, par moments, que des frottis. La toile sera couverte à peine. Elle apparaîtra, comme un frémissement de lumière, à travers toutes les surfaces de couleur.
1912.
C’est l’année du grand épanouissement. Comme c’est aussi l’année du voyage à Paris et de la rencontre des impressionnistes. On serait tenté d’en tirer des conclusions trop hâtives. (…) Sans vouloir minimiser la signification de ce voyage, il ne servit sans doute qu’à confirmer des certitudes que l’artiste portait en lui. Aiguillon plutôt que leçon. En se mettant en route, Rik savait déjà ce qu’il voulait, mais il entendait, au contact d’autres œuvres, éprouver sa propre vérité.
L’élan est donné. »

Roger Avermaete, Rik Wouters, Jacques Antoine, Bruxelles, 1986.

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017

28/03/2017

Fêtes

wouters,rik,exposition,bruxelles,mrbab,2017,peinture,sculpture,dessin,art,belgique,culture,autoportrait« Rik n’a rien d’un violent. Peintre tendre et joyeux, le monde lui est une féerie inépuisable. Qu’il s’agisse d’un être humain, d’une pomme ou d’un arbre, ce sont là, avant tout, prétextes à organiser de subtiles fêtes de couleurs. »

Roger Avermaete, Rik Wouters, Jacques Antoine, Bruxelles, 1986.

Rik Wouters, Exposition rétrospective, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 10.03 > 02.07.2017


Rik Wouters, Reflets, (1912), huile sur toile, rentoilée, 54,8 x 45,5 cm, collection privée © Olivier Bertrand