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21/06/2016

Chats à l'arrêt

Le long du boulevard

Frise des chats 1.jpg
un chat noir a l’air gris

Frise des chats 2.jpg

un chat blanc semble épris

Frise des chats 3.jpg

un troisième reste assis

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quand le tram redémarre

20/06/2016

Vu du toit

Lors de la visite guidée qui m’a permis de monter en haut de la tour de la RTBF, l’an dernier – elle est à nouveau au programme des Estivales 2016 à Schaerbeek, ne tardez pas pour vous inscrire –, voir la ville de là-haut m’avait vivement impressionnée. J’ai eu récemment l’occasion de découvrir mon ancien quartier du toit d’un immeuble de onze étages, par une belle journée, et les photos que j’ai prises me donnent l’occasion de partager avec vous ce point de vue si différent de celui qu’on a en rue.

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Habiter en ville, plus qu’à la campagne il me semble, c’est voir régulièrement changer son environnement : il y a toujours un chantier quelque part, une nouvelle construction, rénovation, transformation… La restauration longtemps attendue de l’église Sainte Suzanne, dont je vous ai déjà parlé, près du quartier des Fleurs, progresse visiblement. Sous les bâches se prépare une surprise fort attendue de ceux qui la connaissent, la restauration de la verrière originale à l’arrière du chœur, occultée vers 1950 parce que « l’éblouissement des fidèles nuisait au bon déroulement des cérémonies religieuses » (Inventaire du patrimoine architectural).

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La photo suivante montre la proximité du parc Josaphat, poumon vert des Schaerbeekois, dominé par le Brusilia, cet immeuble-tour à l’entrée de l’avenue Louis Bertrand, construit vers 1970 à l’emplacement d’un ancien palais des sports – on s’interroge aujourd’hui sur les arguments qui ont justifié l’octroi du permis de bâtir. A l’arrière-plan, avec son antenne, la Tour des Finances qui a beaucoup gagné grâce au nouvel habit de verre dont on a recouvert le béton d’origine.

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Si vous êtes un habitant de Schaerbeek familier de G*** Earth (qui fait définitivement mentir l’adage « vivons heureux, vivons cachés »), vous n’ignorez pas l’étonnant bétonnage de certains intérieurs d’îlots : beaucoup de jardins à l’arrière de maisons ou d’immeubles ont été sacrifiés pour permettre la construction de garages, de bureaux, d’ateliers, voire d’entrepôts. En 2006, Inter-Environnement Bruxelles s’était penché sur le problème, qui reste d’actualité puisqu’on lit dans ce rapport qu’à Schaerbeek, « 50 ou 70 % des demandes de permis concernent des aménagements en intérieur d’îlot. »

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Sur cette vue panoramique, en suivant l’horizon de gauche à droite, on aperçoit d’abord les tours de bureaux du quartier Nord, puis la fameuse « plus haute tour résidentielle de Bruxelles » édifiée près du canal, une énormité dont on cherche en vain l’esthétique architecturale – ses eaux usées se déversent-elles encore dans la Senne ? Silence radio dans les médias depuis le communiqué de la RTBF en septembre 2015.

Il vous faudra sans doute agrandir la photo pour reconnaître, à l’arrière d’une grue, la coupole de la basilique de Koekelbergh (notre Sacré-Cœur à nous, Bruxellois). Dans l’axe, on peut admirer plus en avant la toiture de l’Hôtel communal de Schaerbeek, de style néo-Renaissance flamande, reconstruit après l’incendie qui l’avait ravagé au début du XXe siècle.

A droite, on voit émerger d’un autre espace vert plus lointain (le parc de Laeken) les tours gothiques de Notre-Dame de Laeken, où se trouve la nécropole de la famille royale belge. A droite des boules de l’Atomium, voici l’arrière du château royal de Laeken, avec sa pelouse bien dégagée entre les arbres.

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Vous retrouvez tout cela sur la photo suivante, qui montre mieux encore l’étendue du domaine royal de Laeken. Plus loin, la cheminée de l’incinérateur de Bruxelles lâche un petit panache de vapeur. Ici apparaît une autre réalité urbaine, la proximité des habitations privées et des immeubles de bureaux. Leurs toitures plates, on l’espère, seront un jour toutes végétalisées, comme on commence à le faire ici et là, et c’est particulièrement appréciable en intérieur d’îlot.

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Inscriptions : asbl.patris@gmail.com

J’habite Schaerbeek depuis près de quarante ans, il est donc probable que vous qui ne connaissez pas cette commune bruxelloise regarderez ces clichés d’un autre œil. N’hésitez pas à les commenter, je serai curieuse de lire vos impressions.

17/05/2016

La vie réelle

brontë,charlotte,le professeur,roman,littérature anglaise,apprentissage,société,enseignement,amour,bruxelles,culture« Si les romanciers observaient consciencieusement la vie réelle, les peintures qu’ils nous donnent offriraient moins de ces effets de lumière et d’ombre qui produisent dans leurs tableaux des contrastes saisissants. Les personnages qu’ils nous présentent n’atteindraient presque jamais les hauteurs de l’extase et tomberaient moins souvent encore dans l’abîme sans fond du désespoir, car il est rare de goûter la joie dans toute sa plénitude, plus rare peut-être de goûter l’âcre amertume d’une angoisse complètement désespérée ; à moins que l’homme ne se soit plongé, comme la bête, dans les excès d’une sensualité brutale, qu’il n’y ait usé ses forces et détruit les facultés qu’il avait reçues pour être heureux. »

Charlotte Brontë, Le professeur

* * *

Avis aux amateurs : les concerts gratuits du vendredi midi (12h30) ont repris dans le jardin de la Maison des Arts.
Tout le programme de la Guinguette 2016 sur Schaerbeek.be

16/05/2016

Brontë à Bruxelles

Le professeur de Charlotte Brontë est un roman posthume, le premier qu’elle ait écrit, paru sous le pseudonyme de Currer Bell en 1857. Le titre donné par Catherine Rihoit à sa préface, « Portrait d’une solitude », souligne le trait dominant de William Crimsworth, un orphelin que rien ne destinait a priori au métier de professeur d’anglais à Bruxelles – Charlotte Brontë elle-même y a enseigné.

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Le roman s’ouvre sur une lettre que le héros adresse à un ancien camarade d’Eton, où il lui résume ce qu’il est devenu depuis leurs études. Ses oncles ne lui ayant proposé que deux voies qui lui déplaisent, l’Eglise (la cure de Seacombe) et le mariage (avec une de ses cousines), son manque de fortune ne lui laisse qu’une possibilité : l’industrie. Edward, son frère aîné de dix ans, a repris l’usine de leur père et accepte de le caser « si la chose était possible ».

C’est donc à Crimsworth Hall que le récit commence : William y est accueilli avec une extrême froideur. Il connaît le français et l’allemand, son frère l’engage « en qualité de second commis pour traiter la correspondance étrangère » avec un salaire minimum et le prie de se trouver un logement en ville. Un peu d’épargne accumulée à Eton permet à William de louer « une petite chambre et un cabinet fort modestes ».

Invité comme les autres employés à la fête d’anniversaire du « maître », ignoré par son frère et sa belle-sœur, William s’éloigne de la salle de danse pour se réfugier dans la salle à manger où il retrouve avec émotion le portrait de sa mère. Monsieur Hunsden, un propriétaire d’usine, qui l’admire aussi, lui manifeste de l’intérêt et s’étonne franchement de voir travailler William dans une maison de commerce, métier pour lequel son caractère « aristocratique » ne lui semble pas fait du tout.

Ce travail routinier lui déplaît, son frère le traite mal, mais que faire d’autre ? Lorsque M. Hunsden réapparaît sur son chemin et l’invite chez lui, il accepte d’aller le voir et de discuter avec lui de son avenir. Le jour où son frère, furieux, lui fait une scène pour l’avoir calomnié en ville – il n’en est rien, mais Hunsden, lors d’une réunion, a traité Edward de « tyran domestique » –, c’en est trop. William démissionne sur-le-champ. Hunsden s’en réjouit, lui offre un peu d’argent et une lettre de recommandation pour une de ses connaissances à Bruxelles.

« Peut-être, lecteur, n’êtes-vous jamais allé en Belgique ; peut-être ne connaissez-vous pas la physionomie de cette contrée, dont les lignes sont gravées si profondément dans ma mémoire ? » Voici donc William Crimsworth à Bruxelles où on lui propose d’enseigner le latin et l’anglais dans une grande institution dirigée par M. Pelet, un homme dans la quarantaine.

« Peu à peu les obstacles s’aplanirent devant moi. J’avais, en moins de cinq ou six semaines, vaincu les difficultés inséparables de tout début dans une carrière nouvelle. Je parlais maintenant le français avec assez de facilité pour être à l’aise en face de mes élèves. Je les avais mis tout d’abord sur un bon pied. Et, comme je sus les y maintenir, jamais l’idée de révolte ne germa parmi eux : chose extraordinaire pour des Flamands, et qu’apprécieront tous ceux qui connaissent les usages des pensions belges et la manière dont les élèves s’y conduisent avec leurs professeurs. »

Le nouveau professeur est bientôt présenté à Mlle Zoraïde Reuter, la directrice d’un pensionnat de jeunes filles voisin, qui cherche un professeur de confiance. Un jeune professeur masculin face à des jeunes filles pleines d’assurance… William Crimsworth est mis à l’épreuve dès la première leçon. Le professeur de Charlotte Brontë est un roman d’apprentissage ; à chaque étape, le personnage affronte ses doutes, ses craintes, l’inconnu, dans sa profession comme dans ses rencontres. Mlle Reuter s’intéresse à lui, lui s’intéresse surtout à ses élèves, et plus particulièrement à l’une d’elles, ce qu’elle ne pourra tolérer.

Les états d’âme du héros sont évidemment détaillés tout au long de cette histoire ; à l’époque, les bienséances et les codes sociaux gouvernent strictement les relations entre les gens et particulièrement entre les hommes et les femmes. L’intérêt de Charlotte Brontë pour l’enseignement, les rapports entre professeurs et élèves, la question de l’autorité, est manifeste. Son premier roman mêle l’observation sociale à l’analyse des sentiments dans ce récit du cheminement personnel d’un jeune homme pauvre et imparfait qui cherche sa voie.

10/05/2016

Ville et village

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Bruxelles a deux visages, ville et village
voyez cette façade dans la rue du musée d’Ixelles.

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Un peu plus bas, un ginkgo dansant
parmi les plantes assemblées le long d’une maison.

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Plus loin, de la voiture (à l’arrêt dans une file),
photographié cet îlot vert entre des immeubles de bureaux.

09/05/2016

Varda d'Ixelles

Les plages d’Agnès et un film sur Agnès Varda vu à la télévision m’ont conduite à son exposition en cours au musée d’Ixelles : « Patates et compagnie ». Que cache ce titre saugrenu ? Une installation, Patatutopia : sur la scène au fond de la grande salle, le sol est couvert de pommes de terre sous trois grands écrans où défilent des images de patates qui roulent, qui germent, qui prennent la pose – en particulier celles qui se dédoublent en forme de cœur. La prédilection de l’artiste pour celles-ci se confirme sur des photographies à l’étage. Elle va même jusqu’à se représenter en costume de patate !

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A 87 ans, la cinéaste est revenue à Bruxelles où elle est née et a passé son enfance pour célébrer sa mère, la terre, la mer et les étangs d’Ixelles. « La terre nous offre des pommes de terre... qui sont devenues thèmes de mon travail, surtout quand elles ont des formes de cœur. Elles ont vieilli, se sont ratatinées et pourtant poussent encore en germes et radicelles. Patatutopia célèbre leur résistance. C’est utopie de penser que, parmi les légumes et les fruits, elles sont modestes et pourtant les plus belles et les plus vivantes du monde. »

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A l’entrée, trois montages photos en guise d’autoportraits, puis tout de suite un hommage à sa mère dont elle a réuni divers objets, des jouets, des meubles dans une sorte de petit salon de la mémoire, avec un grand paravent couvert de photos personnelles et d’images anciennes. Sous une vitrine, des gants, un collier, des papiers – autel maternel. Le plus drôle, c’est le tricotin retrouvé, ici présenté sous une cloche de verre ; elle l’a fait agrandir en préservant ses formes et ses couleurs en Tricotine de plus de deux mètres (fabriquée par Christophe Vallaux) d’où sort un long rouleau de laine colorée qui serpente.

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Au milieu de la salle, une installation sous plastique mime en réduction les étangs d’Ixelles et les petits bassins du jardin de son enfance avec feuilles mortes, pont et pigeonnier. D’un côté de la salle, de grandes photographies noir et blanc de personnes qui marchent (Chine, France, Portugal…) ; de l’autre, en couleurs, des piquets sur une plage et la plus surprenante de ses photos : Cinq rêveurs, des hommes nus (elle aime les photographier dans la nature) debout sur ces piquets de plage et contemplant l’horizon.

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A l’étage, des « photogrammes » tirés d’un extrait de Sans toit ni loi, avec Sandrine Bonnaire, qu’on peut visionner. Sur le palier, je me suis assise pour prendre les écouteurs et regarder Ulysse : la photographie noir et blanc d’un enfant, d’un homme de dos, tous les deux nus, et d’une chèvre morte sur les cailloux au pied d’une falaise à Saint Aubin sur mer (« un sujet en or », dit-elle) lui a inspiré un film qui revient sur cette photo. Elle explique où elle l’a prise, les circonstances, elle interroge l’homme et l’enfant, bien des années après, sur le souvenir qu’ils en ont. (En ligne sur Vimeo.)

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La voix d’Agnès Varda traverse l’espace (le film sur sa visite dans leur ancienne maison à Ixelles passe sur un écran), et des chants d’oiseaux, de temps à autre. Son univers singulier s’expose ici de manière plutôt anecdotique, c’est celui d’une terrienne attentive à l’histoire et aux choses ordinaires, une femme imaginative qui aime intervenir dans un paysage, dans un décor banal pour y capter ou y faire surgir quelque chose d’inattendu.

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A l’autre bout du musée, une exposition très différente : « AB.ad. » de Jean-Marie Bytebier. Cet artiste belge (né en 1963) montre ici des peintures à trois composantes : à première vue, des paysages (du ciel bleu au-dessus de la verdure, une ligne d’horizon), mais de plus près, en examinant la surface parfois bordée de bois apparent, on a l’impression d’espaces abstraits inspirés de lieux déserts, inhabités, la nature sans les hommes. J’ai cru apercevoir un profil d’homme dans une toile tournée à 45°.

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Dans cette peinture contemplative, la lumière joue le premier rôle : celle du soleil – une atmosphère de beau temps – et aussi celle des spots, qui découpent sur l’une ou l’autre œuvre un rectangle fortement éclairé, comme pour appeler à s’en rapprocher, à suivre sur le grain de la toile ce que les pinceaux y ont déposé. L’impression d’ensemble est sereine, mais respire aussi la solitude, le silence, voire l’inquiétude. 

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Pas de texte dans le catalogue ni sur le site du peintre, mais l’entretien vidéo qu’on peut suivre à l’entrée de « AB.ad. » permet de se familiariser un peu avec lui (les réponses de l’artiste gantois sont sous-titrées en français). Deux phrases notées au vol : « Le paysage offre une voie vers l’abstraction. » « Je recherche des lieux pour les couleurs. »

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Vous pouvez visiter ces expositions jusqu’au 29 mai au musée d’Ixelles .

03/05/2016

Précieux

HH Sasasa (21).JPG

 

 

sur le bois précieux

l’éclat rouge d’un bouquet

maison patricienne

02/05/2016

Premier mai

Entre nuages et azur, c’est le bleu qui a gagné hier midi dans le ciel bruxellois, de quoi illuminer ce dimanche premier mai. En sortant, j’avais l’intention d’aller photographier les premières maisons de l’avenue Huart Hamoir pour compléter mes précédents billets ; c’est chose faite pour un côté, j’y retournerai un matin quand le soleil donnera sur l’autre.

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Avant, les cerisiers en fleurs du square Riga m’avaient déjà fait sortir l’appareil photo de la poche. Premières feuilles, mais c’est encore somptueux, ce rose qui donne du « bonheur en fleur ». Entre les grands ginkgos de la descente vers la gare – vers Train World, à visiter si vous ne l’avez encore fait –, d’autres beaux cerisiers du Japon ornent de rose les façades et les trottoirs.

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Et si nous tournions dans la rue Jean Jaurès ? J’ignorais l’existence d’une maison médicale du même nom, toute pimpante vue de la rue, avec sa cour plantée d’arbres et ses grands mâts de bois où grimpe déjà du lierre. Son site mentionne le label « Entreprise Ecodynamique » obtenu cette année par cette maison installée dans un « bâtiment exemplaire ». Un endroit à fréquenter un jour, qui sait ?

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La meilleure surprise de la balade improvisée ce premier mai, c’est d’apprendre de deux personnes qui sortent de Sasasa, à l’angle de la rue Maeterlinck et de l’avenue Huart Hamoir, que c’est un jour « porte ouverte » dans cette maison que j’ai si souvent admirée de l’extérieur. Inutile de préciser que j’en ai aussitôt profité.

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Le hall d’entrée, avec son double escalier en courbe, je le connaissais par une carte postale du patrimoine schaerbeekois : des proportions parfaites. Une décoration sobre et harmonieuse pour ce centre de Sasasa, « école d’arts savoirs saveurs & sagesse ». Aux murs, les participants à l’atelier photo numérique présentent leurs photos. Il y a du monde au rez-de-chaussée, on peut y prendre un rafraîchissement ou même une collation dans la véranda à l’arrière, près de la cuisine.  

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Sur le côté, dans l’escalier, à l’étage, des photographies encore. Il y en a qui me plaisent beaucoup, comme ces « ombres et reflets » au-dessus d’un bouquet posé sur le parquet blond. Les thèmes sont très divers : insectes, fleurs près d’éclore, écorces, paysages, portraits, toits… J’admire de belles photos de détails prises au Mont des Arts.

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Quel plaisir de découvrir le parc Hamoir des fenêtres en bandeau courbe du premier étage ! Cache-radiateurs, portes, chaises en bois, on a opté ici pour la pureté des lignes simples. Et revoici les cerisiers en fleurs, une vue en rose. Une partie de la maison ne se visite pas – « privé ». Un étroit escalier blanc mène à la terrasse dont la pergola épouse l’arrondi, c’est ouvert, allons-y.

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La petite cuisine attenante est fort sympathique et dehors, c’est un joyeux fouillis de plantes et d’arbustes autour de la grande terrasse donnant sur l’avenue Huart Hamoir. Des bacs en bois entre les doubles colonnes où s’agrippent des grimpantes, des pots de tailles diverses, rien de trop ordonné, libre expression à la fantaisie végétale ! Une table et des chaises rose vif mettent une note de couleur près du mur mitoyen blanchi.

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La maison, le décor, l’ambiance, tout est harmonie à cette adresse dédiée à la création et au bien-être. « Maison bourgeoise moderniste d'inspiration Paquebot, signée sur le soubassement « (M.) UYTTENHOVEN / ARCHITECTE », 1937 », indique la notice à l’Inventaire du patrimoine architectural. Vous y trouverez la description précise des lieux, notamment de l’entrée que j’ai mieux regardée en sortant, avec ses « murs parementés de marbrite dans les tons noir et bordeaux ».

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En mai, fais ce qu’il te plaît.

30/04/2016

Mise à nu

buren,daniel,une fresque,exposition,bruxelles,bozar,rétrospective,scénographie,art contemporain,xxe,xxie,surface,espace,parcours,culture« La fresque de Buren à Bruxelles est bien davantage qu’une énième exposition : c’est à la fois un manifeste sur l’histoire de l’art et la création contemporaine et une mise à nu visuelle de sa propre histoire. Une plongée fascinante et réussie dans l’intimité artistique d’un grand maître. »

Fabrice Bousteau, La fresque d’art & de vie de Buren, Beaux Arts magazine 382, avril 2016. 

Les Salles des Ombres et des Lumières, travail in situ, in « Daniel Buren : Une Fresque », Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 2016, détails, Anish Kapoor
© DB/ADAGP, Paris/Philippe De Gobert
(Source Bozar)

28/04/2016

Buren - Une fresque

C’est un article lu dans Beaux Arts Magazine qui m’a décidée à aller voir tout de même l’exposition Daniel Buren – Une fresque au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (jusqu’au 22 mai 2016). Question d’apprendre et peut-être de mieux comprendre cet artiste a priori trop conceptuel à mon goût. Je ne le regrette pas.

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Vue partielle du Hall Horta (Bozar, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles)

Depuis l’installation des colonnes rayées noir et blanc (Les deux plateaux) dans la cour du Palais-Royal à Paris, en 1986, plus personne n’ignore que Buren travaille avec un « outil visuel » : l’alternance systématique de bandes blanches et de bandes colorées verticales de 8,7 cm de largeur, inspirées « des tissus imprimés utilisés pour les auvents des magasins et bistrots parisiens » (guide du visiteur). A Bozar, il en a recouvert les colonnes du grand hall Horta et les contremarches vers l’entrée des salles d’exposition.

Sa fresque bruxelloise instaure « un dialogue entre son travail et des œuvres choisies de plus de cent artistes du XXe et du XXIe siècles », j’étais curieuse de découvrir qui étaient ses compagnons d’art. Vu la diversité des œuvres intégrées peu à peu parmi des formes fantômes, j’ai l’impression que ces peintures, photographies, sculptures, vidéos, installations – jalons d’une rétrospective plus ou moins autobiographique – entrent dans un rythme particulier, original, qui invite à les regarder pour elles-mêmes et sans filtre.

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Daniel Buren, "Salle des empreintes", Bozar, Bruxelles

A l’entrée, le visiteur reçoit un dépliant format A2 : au recto une carte des lieux et le nom des artistes correspondant aux formes numérotées ; au verso, un texte d’introduction suivi des légendes, salle par salle. Facile, se dit-on d’abord, mais ce ne sera pas si simple : après la « salle des empreintes » (formes exactes des œuvres exposées laissées en blanc sur les murs rayés de vert et sur le parquet), les œuvres apparaîtront bien accrochées par ci par là, mais sans aucun numéro.

Pour identifier les artistes qu’on connaît un peu, pas de problème, mais pour les autres ? Les titres des légendes sont parfois explicites, pas toujours, alors on cherche une signature, on se réfère à la couleur des empreintes (« ombres » bleues d’un côté de la salle, roses de l’autre) reprises sous les légendes et on se bat avec son dépliant pour rendre à César ce qui est à César…

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© Dan Flavin, Cornerpiece, 1978, M HKA Anvers

A quoi bon, me suis-je dit à un moment donné, regarde, flâne, va simplement à la rencontre de ce qui se présente à toi. En abandonnant l’identification à tout prix de chaque œuvre, je me suis sentie beaucoup plus libre et mieux disposée. Alors j’ai profité de l’autorisation de prendre des photos (un petit Picasso excepté) pour pouvoir revenir plus tard aux indications du guide.

Dans la salle 2, face à une planche de Matisse (Icare), des néons dans un coin : Cornerpiece de Dan Flavin. On reflexion de Bertrand Lavier attire par le jeu des reflets : les coups de brosse à la surface d’un miroir l’ont rendu opaque ; dès qu’on bouge, l’œuvre change, et aussi avec la lumière ambiante et les ombres des visiteurs.

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© Bertrand Lavier, On reflexion, 1984, FRAC, Paris

Quand des œuvres sont accrochées très haut, comme dans les salons de peinture du XVIIIe siècle, on les aperçoit plus qu’on ne les voit. Dans la grande salle suivante un grand rectangle lumineux m’intrigue. Simple projection sur un mur vierge ? Non, le Ciel de Ann Veronica Janssens va s’animer d’ombres et de nuages, doucement.

La salle 3 accueille aussi des mots, près d’une photographie de Sophie Calle, Prenez soin de vous : ces derniers mots d’un « mail de rupture », elle a demandé à 107 femmes de les interpréter à leur manière – ici une traduction en langage sms par Alice Lenay. Exercice de déchiffrage. Observation des reflets – un leitmotiv dans le choix de Buren.

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©
Sophie Calle, Prenez soin de vous, 2007

Non loin d’un grand Simon Hantaï bicolore, je suis heureuse de tourner autour du Torse de jeune homme de Brancusi – une colonne, des cylindres, en effet. L’igloo de verre qui occupe la salle d’angle lui vole un peu la vedette : Spostamenti della Terra e della Luna su un asse (Mouvements de la Terre et la Lune sur un axe) de Mario Merz, représentant de l’Arte Povera. Plus loin, un bois de Penone, Nel Legno. Minuscule par rapport au reste, Salaire solaire de Franck Scurti.

Un mélange d’artistes plus ou moins connus, figuratifs ou non, de tous horizons. Monet, Cézanne, Chagall semblent un peu perdus dans cette fresque, comme venus d’une autre planète. Le moins qu’on puisse dire est que cette sélection est d’un bel éclectisme. La reprise des empreintes de salle en salle offre un fil conducteur, à défaut d’ordre chronologique ou thématique, sans aucune hiérarchie. Artistes rencontrés, influences, œuvres « questionnantes », il s’agit néanmoins d’un « itinéraire personnel ».

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© Mario Merz, Spostamenti della Terra e della Luna su un asse, 2002 

« Placer, déplacer, replacer », voilà ce que fait Buren comme il le dit dans le film projeté devant l’entrée de l’exposition (pas besoin de billet pour s’installer devant l’écran, le film dure en tout trois heures et demie). C’est une sorte de rétrospective audio-visuelle montrant ses « interventions des années 60 à aujourd’hui, dont 80% ont disparu ».

J’y suis restée un quart d’heure pour l’écouter à propos des Deux plateaux du Palais-Royal à Paris : la manière dont il a étudié, mesuré, occupé la cour pour y créer une œuvre « monumentale sans effet de monumentalisme » et « marier l’historique et le contemporain » est très intéressante, loin du « n’importe quoi » que lui reprochaient certains à l’époque.

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Plutôt sceptique au départ, je reconnais que cette exposition aide à mieux percevoir l’originalité de ce travail artistique : ni peintre ni sculpteur, Daniel Buren, en couvrant des surfaces, est avant tout un créateur d’espaces.