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21/04/2015

Mains

En tous sens et à tout vent* / 6       

 

kegels,anne-marie,mains,poème,poésie,littérature française de belgique,anthologie,piqués des vers!,cultureTouchez longtemps ce qui se touche

l’écorce, l’eau, l’herbe, la bouche,

avec l’ardeur au creux des doigts

touchez le chaud, touchez le froid,

pour en faire votre aventure

touchez la mer et la voilure,

le mont, la plaine au cri de blé.

Un soir touchez vos doigts usés

comme un drap où les corps roulèrent.

Touchez enfin, noces dernières

aux feux assourdis du couchant

vos souvenirs mêlés au vent.

 

Anne-Marie Kegels, Poèmes choisis

 

*Colette Nys-Mazure, Christian Libens, Piqués des vers ! 300 coups de cœur poétiques, Espace Nord, 2014.

20/04/2015

Ce poids tendre

 En tous sens et à tout vent* / 5       

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Ce poids tendre sur mon épaule,
Cet oiseau blotti dans mes doigts, 
Ce toucher de branche de saule 
Qui résiste et plie à la fois,
Ce tiède museau dans la neige,
Ce fardeau qui m’est un pardon,
Le baiser qui se prend au piège,
Ce confiant petit faucon,
Cette volontaire hirondelle,
C’est ta main, distraite et fidèle. 

Alexis Curvers, Cahiers de poésie 1922-1949 

*Colette Nys-Mazure, Christian Libens, Piqués des vers ! 300 coups de cœur poétiques, Espace Nord, 2014.

 

18/04/2015

Entre

En tous sens et à tout vent* / 4       

Entre visible 

et invisible,

 

poème,poésie,littérature française de belgique,anthologie,piqués des vers!,cultureune seule syllabe à franchir,

 

nul espace à désherber,

 

pas de distance à distancer

 

 

Suffit l’autre regard,

 

toute prescience allumée,

 

exigence exaucée

 

 

Marie-José Viseur, La vie me fouille jusqu’au cri

 

*Colette Nys-Mazure, Christian Libens, Piqués des vers !
300 coups de cœur poétiques
, Espace Nord, 2014.

Jean Beauduin (1851 - 1916), Au crépuscule           

16/04/2015

Poètes

En tous sens et à tout vent* / 3       

poètes  

prenez soin de vos ongles 

faites-en des couteaux pointus

 

des fourches des herses

 

afin de pouvoir dire non

 

à beaucoup de choses

 

décourager l’envahisseur 

 

seuphor,michel,poètes,poème,poésie,littérature française de belgique,anthologie,piqués des vers!,cultureil faut être armé

 

pour protéger votre sommeil de chat 

 

prenez garde à vos dents

 

ôtez cette jolie façade de carton peint

 

et mettez à la place

 

des dents de fer

 

afin de mordre dans la vie

 

afin de mordre dans la lettre

 

dans le plus profond de la lettre

 

votre morsure est votre entrée

 

dans l’ordre de la création

 

la faim

  

Michel Seuphor, Gosp et cosnops

 

*Colette Nys-Mazure, Christian Libens, Piqués des vers !
300 coups de cœur poétiques
, Espace Nord, 2014.

 

14/04/2015

Le kaki et le kiwi

 En tous sens et à tout vent* / 2       

 

poème,poésie,littérature française de belgique,anthologie,piqués des vers!,cultureLe kaki dit au kiwi,
D’un petit ton réjoui,
D’un petit ton délicat :
« Nous portons des noms en "k”.
Soyez l’ami du kaki. »
Et d’un petit air exquis,
D’un petit air ébloui,
Conquis, le kiwi dit oui.

 

Lucienne Desnoues, Le compotier

*Colette Nys-Mazure, Christian Libens, Piqués des vers !
300 coups de cœur poétiques
, Espace Nord, 2014.

 

 

 

 

13/04/2015

Joie

En tous sens et à tout vent* / 1       

 

Joie de je ne sais quoi,

Joie du vent, joie de la feuille,

Joie flamme d’écureuil,

Joie de myrtille au bois.

 

carême,maurice,joie,poème,poésie,littérature française de belgique,cultureJoie d’être un peu de givre

Sur la branche au printemps,

Joie de ne jamais suivre

Que les chemins montants.

 

Joie d’être tout à coup,

Sans même le savoir,

Cet appel de coucou,

Ce reflet de miroir.

 

Ne pouvoir que crier,

Crier, crier encor

Des mots comme un pont d’or

Sur une eau débordée.

 

Embrasser un bouleau

Pour tenir contre moi

Quelque chose de beau,

Quelque chose de droit.

 

Sans pouvoir apaiser

Ni la nuit ni le jour,

Cette envie de parler

Au ciel de mon amour,

 

Ce plaisir de bercer

Le monde dans mes bras,

D’entrer dans une ronde

Avec n’importe quoi

 

Et d’être devenu

Joie de vent, joie de feuille,

D’être myrtille au bois

Et flamme d’écureuil

 

Et sans jamais savoir

Ni pourquoi ni comment

Je traverse en miroir

Tous les palais du temps.

 

Maurice Carême, Brabant

*Colette Nys-Mazure, Christian Libens, Piqués des vers !
300 coups de cœur poétiques
, Espace Nord, 2014.

17/03/2015

Première question

« Pourquoi suis-je ici ? » demandait-elle
chaque fois, quatre-vingt-dix ans, les yeux

 

cernés de rouge depuis que les larmes
n’y venaient plus. « Pourquoi suis-je ici ? »
A peine capable de se mettre debout,

 

l’appétit déclinant. « Pourquoi suis-je ici ? »
J’avais beau lui expliquer patiemment
trois fois, quatre fois, que cela faisait déjà

des années qu’elle ne pouvait plus vivre seule,

 

ne tenait plus sur ses jambes, elle savait encore

parfaitement l’année de ma naissance, mais pas

celle où nous étions, que « bleu outremer » était

la couleur de la porte d’entrée chez ses

grands-parents, mais pas le nom de l’infirmière

 

qui venait la laver et l’habiller tous les jours.

« Pourquoi suis-je ici ? » Puis avec un choc

je compris : et si ce n’était pas une question

d’aujourd’hui mais d’autrefois et là-bas, la première

 

du catéchisme, celle avec la promesse

d’un ciel, et je lui répondis : « Pour servir
Dieu et être heureuse en ce monde

et dans l’au-delà. » Elle ne me jeta même pas
un regard : « Tu y crois encore, à ces bêtises ? »

 

Huub Beurskens

 

(Hôtel Eden, 2013, traduit du néerlandais par Hans Hoebeke) 

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Eerste vraag
 

« Waartoe ben ik eigenlijk hier ? » vroeg ze
telkens weer, in haar negentigste, rood
 

Omrande oogjes vanwege het gebrek aan
traanvocht. « Waartoe ben ik eigenlijk hier ? »
Amper nog in staat overeind te komen,
 

weinig eetlust meer. « Waartoe ben ik eigenlijk
hier ? » Hoe ik ook geduldig probeerde het
haar uit te leggen, drie, vier keer, dat ze al
jaar geleden niet meer zelfstandig wonen 
 

kon, niet goed ter been, mijn geboortejaar
wist ze feilloos, maar niet dat waarin we
heden leefden, dat “diepblauw” de kleur
van de deur van haar grootouderlijk huis

was geweest, maar niet hoe de verpleegster
 

heette die haar dagelijks waste en kleedde.
« Waartoe ben ik eigenlijk hier ? » Tot ik met
een schok dacht : wie weet is het geen vraag
van nu, maar een van toen en daar, de eerste
 

uit haar catechismus, die met de belofte
van een hemel, en antwoordde: “Om God
te dienen en daardoor hier en hiernamaals
 

gelukkig te zijn.” Ze keek me er niet eens
bij aan : “Dat jij nog gelooft in dat gezemel.”

 

Huub Beurskens

 

In Septentrion, n° 1, mars 2014,
Le dernier cru : poèmes choisis par Jozef Deleu

 

 

 


 

16/03/2015

Poétesse / Dichteres

Cela fait bien longtemps qu’Euterpe, partie vers d’autres aventures, ne nous titille plus avec ses féminins féministes, je pense à elle en juxtaposant ces deux suffixes homonymes en français et en néerlandais. Au stand de Ons Erfdeel vzw à la Foire du Livre, j’ai retrouvé Septentrion que je lisais régulièrement à la bibliothèque de l’école. J’ai reçu avec plaisir un numéro de cette revue trimestrielle des « Arts, lettres et culture de Flandre et des Pays-Bas » qui a aussi un blog destiné à faire mieux connaître la culture des « Plats Pays » aux lecteurs francophones. 

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Dans ce numéro 1 de 2014,  Bart Stouten (présentateur, producteur pour la chaîne de musique classique Klara (VRT) et poète, comme vous pouvez le lire sur son blog) présente la poésie de Miriam Van hee sous le titre « Tout commence chez soi… mais où ? » (traduit par Jean-Philippe Riby). Née en 1952, cette poétesse flamande le fascine avec ses vers « épurés, lumineux » et il nous parle de ses recueils publiés depuis 1978 (Le maigre repas / Het karige maal).

 

Voici deux poèmes de Miriam Van hee, tirés de Là où tombe la lumière / Ook daar valt het licht (2013).  Elle est la première femme à avoir reçu, en 1998, le prix triennal de poésie de la Communauté flamande. En 2007,  l’édition française de son recueil La cueillette des mûres / De bramenpluk a été récompensée par le prix européen Poesias, rebaptisé depuis prix Virgile.

 

Bart Stouten conclut son article par ce bel éloge : « Miriam Van hee est à mes yeux la poétesse du mystère. La poétesse du contre-jour. La poétesse d’un paradoxe qui fait des mots un silence. A la vérité, là encore choit la lumière. Aussi étrange que cela puisse paraître, la lumière éclaire jusqu’à l’indicible. »

 

Sur place

 

en bas est le village, il paraît
tout avoir, un clocher
une place, un pont et des lointains

 

un bois de chênes où le vent parfois
se déchaîne, et des maisons
les volets sont fermés, des taches

 

de lumière bougent sur le chemin
de terre et c’est miracle, un monde
habitable à ce point, et que pousse

 

le raisin dans un sol aussi dur
et que la treille ombrage
sans y penser, le pommier porte

 

encore des pommes petites, rouges et qui
sous l’œil de personne, tomberont
quand leur heure sera venue

 

Surplace

 

Beneden ligt het dorp, het lijkt
alsof het alles heeft, een toren
een plein, een brug, een achtergrond

 

een eikenwoud waarin de wind
tekeer kan gaan, en huizen
de luiken zijn gesloten, vlekken

 

licht bewegen op de aarden weg
het is een wonder, zo bewoonbaar
als de wereld is, dat druiven

 

kunnen groeien in zulke harde grond
en de wingerd schaduw geeft
zonder bedoeling, de appelboom

 

draagt appels nog, kleine, rode, die
voor niemands ogen zullen vallen a
ls hun tijd gekomen is
 

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 Le moment venu

 

ce serait beau, le moment venu
d’en avoir le désir, de sortir
dans le matin et si jamais nous
avions la force de nous risquer dans le bois

 

pour chercher un endroit où nous étions
jadis venus, couchés sur un rocher, nos regards
dominant un coude de la rivière
quelque chose allait survenir, un animal

 

nous apparaîtrait, que nul ne nous dérange
le moment venu, quand nous aurons enfin
résolu nos problèmes et serons libérés,
écoutons, entendons-nous déjà le murmure

 

de l’eau, ne connaissions-nous pas un peu le monde
nous avions attendu la neige, attendu le
train, nous avions été en retenue, nous
avions grimpé, nous nous étions perdus

 

on nous avait trouvés, donc, le moment
venu, prenons les sentiers battants
plutôt que les battus, sans nous retourner, toujours
il y aura quelque chose de connu, la terre meuble

 

qui s’enfonce sous les pins, c’est ce que nous aimions

 

Eens zover

 

het ware mooi, als het eens zover is
om ernaar te verlangen, naar buiten
te gaan in de ochtend en mochten wij
sterk genoeg zijn om het bos in te durven

 

op zoek naar een plek waar wij vroeger
al waren, wij lagen er toen op een rots
uit te kijken over een bocht in de rivier
iets stond te gebeuren, een dier zou zich

 

aan ons vertonen, laat niemand ons storen
als het een zover is en wij onze problemen
dan eindelijk opgelost hebben en vrij zijn,
laten wij luisteren of wij het water al horen

 

ruisen, wij wisten toch iets van de wereld
wij hadden gewacht op de sneeuw, op de
trein, wij waren nagebleven op school, wij
hadden geklommen, we waren verdwaald

 

we werden gevonden, dus, als het eens
zover is, laten wij de onzekere weg voor
de zekere nemen, niet omzien, er zal altijd
iets zijn dat we herkennen, de meegaande

 

grond onder de dennen, daar hielden we van

 

Miriam Van hee

 

(Ook daar valt het licht, 2013, traduit du néerlandais par Philippe Noble)

14/03/2015

Lumières du XIXe

Logée entre le Sablon et le Palais de Justice, l’Association du patrimoine artistique ouvre régulièrement ses portes au public pour de petites expositions au 7, rue Charles Hanssens. « Autour de l’impressionnisme » propose une sélection de peintures du XIXe siècle, à voir jusqu’au dimanche 22 mars. Quatorze artistes parmi lesquels Guillaume Vogels et Henri Evenepoel sont les mieux représentés. L’affiche est un détail d’un beau pastel, Paysage, de Rodolphe De Saegher.

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Au rez-de-chaussée de cette maison bruxelloise, quelques pièces en enfilade prêtent leurs murs aux couleurs de ces peintres belges, connus ou méconnus, des œuvres issues exclusivement de collections privées. Vogels est ici à l’honneur. Les paysages de ce peintre bruxellois, que j’aime depuis la première toile que j’ai vue, sont avant tout des atmosphères. Au soleil éclatant, il préfère les ambiances de pluie, d’orage, les crépuscules, la neige, on en montre ici de magnifiques exemples : Hiver et Chemin sous la neige, dans la première salle, puis le grand Neige, exposé au Cercle des XX en 1988 ; en face, dans des tons plus chauds, Un coin des étangs de la distillerie (dernière illustration).

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Guillaume Vogels, Hiver, 1886

Il paraît que les cadres dorés surprennent ou gênent certains, plus habitués aux pages blanches des livres d’art ou aux toiles contemporaines sans cadres : un joli texte de Pierre Loze prend leur défense, contre « le goût dominant des graphistes, grands créateurs, metteurs en forme de notre goût ». Il rappelle que tous les cadres ont leur caractère, leur époque. « Et si ces cadres apparemment envahissants avaient bel et bien une fonction ? Celle de nous faire entrer dans une longue contemplation qui éloigne la contamination du contexte, d’organiser une sorte d’effort de concentration  pour se vouer exclusivement à l’œuvre ? » 

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Guillaume Vogels, Neige, 1887

Près des Bords de la Lys d’Emile Claus (au centre de la vue d’ensemble ci-dessous), une petite toile d’Anna Boch sur un chevalet : Maison de campagne, avec la silhouette d’une femme dans l’ombre sur la route. La lumière, c’est le grand sujet de tous ces peintres de plein air et en particulier des luministes. Juliette Wytsman s’installe dans un jardin, Anna De Weert au milieu d’un verger ou près de son atelier, Jenny Montigny devant une allée d’arbres. 

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Le titre de l’exposition – Autour de l’impressionnisme – ouvre à la diversité des approches. Voici Constantin Meunier avec une Hierscheuse, et surtout Henri Evenepoel, avec des dessins, peintures, affiches, près desquels sont repris des extraits de sa correspondance – ces observations terribles qu’il écrit à son père, de Paris, où il tombe très malade et meurt du typhus en 1899, à l’âge de vingt-sept ans ! 

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Evenepoel, Au square, lithographie

Evenepoel a l’art de camper des silhouettes vivantes d’un coup de crayon, il croque des enfants de dos, assis à jouer. On retrouve « le petit Charles » dessiné près d’une chromolithographie, « Au square » (sous verre, impossible à photographier sans reflets) : une élégante à l’ombrelle rouge retient par le poignet une fillette en robe jaune tenant un petit seau rouge, le regard attiré par quelque chose au sol que nous ne voyons pas – une scène toute en mouvement, très gaie. 

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Les lavandières, un pastel aux figures stylisées et aux aplats à la manière nabi, est accroché un peu haut pour être bien regardé. Un grand dessin aquarellé d’Evenepoel est exposé dans le hall d’entrée, projet d’affiche pour le parfumeur Blaise. On peut voir aussi cette affiche pour le Salon des Cent, un projet pour une couverture de magazine, « La Vie à Paris ». Et des peintures à l’huile, comme Bateaux sur le canal de Willebroeck, Portrait d’un sculpteur. D’un séjour en Algérie, une lumineuse Vue d’Alger, la ville blanche, la mer et le ciel, un mendiant, des joueurs de tambour… 

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Henri Evenepoel, Vue d’Alger

L’APA prépare un hommage à Evenepoel d’ici un an. La dernière monographie le concernant (1994) répertorie quelque trois cents œuvres parmi lesquelles une centaine n’était pas localisée. L’Association en a retrouvé à ce jour une vingtaine et fait appel à ceux qui peuvent l’aider à en redécouvrir dans des collections privées.

C’est une noble tâche de mettre le patrimoine artistique de Belgique en valeur, et de travailler à sa connaissance, sa conservation et sa restauration, les « trois mots-clés » de  cette association. Quelques livres sur les peintres exposés sont proposés à la vente, comme cette monographie consacrée à Guillaume Vogels bien illustrée et à prix modique (textes de Constantin Ekonomidès, un des collaborateurs de l’APA). Un beau peintre dont je vous reparlerai sans doute un jour. 

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Attention à l’horaire des visites, si ce parcours impressionniste belge vous tente : jeudi, vendredi et samedi de 14 à 18h et dimanche 22 mars de 14 à 18h. D'où ce billet dès aujourd’hui.

07/03/2015

Le poète allongé

« Quel beau, charmant et singulier tableau que Le poète allongé de 1915 (peint donc en Russie, tout de suite après le départ de Paris) ! Le cheval et le porc, devant l’isba, évoquent Rousseau (que Chagall aime beaucoup), oui, mais le poète aux mains réunies comme celles des gisants des anciens sépulcres, sa tête sur son veston posé dans l’herbe, près de son chapeau, ses pieds en de fastueux souliers, tout cela, d’où est-ce venu, comment ?  

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Marc Chagall Le poète allongé Huile sur toile © Collection particulière

Chagall s’est-il peint là en « poète » comme il fut dit ? Je ne sais. Mais le visage, où il n’y a rien qui me propose une ressemblance, et la silhouette, me font songer à des photographies de Paul Eluard, …, que Chagall ne devait rencontrer que dix ans plus tard, et qui, bien plus tard encore, allait trouver dans sa peinture une inspiration radieuse. »

André Pieyre de Mandiargues, Chagall, Maeght éditeur, Paris, 1974.