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30/05/2016

Majorque au naturel

Quelques jours à Majorque en mai : charmes de la campagne et travaux de printemps, l’amitié est à la fête.

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Le potager réclame des mains. Les lapins grandissent, bientôt les poussins passeront leur première nuit dehors, bien protégés du soleil le jour, bien couverts la nuit.

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A cette saison, les couleurs éclaboussent jardins et prairies. Les moutons préfèrent déjà l’ombre. Au bord de la route, des arbustes tendent les bras.

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Ici, des capucines chevauchent des branchages. Là, un clocher fait signe. En face de l’église, la montée offre de beaux points de vue sur Puigpunyent, les vergers, les montagnes.

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Un bougainvillée flambe près d’une porte. Les palmiers, majestueux, ont l’art d’ennoblir une demeure. D’en haut, le panorama sur le village au creux des montagnes est très beau.

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Mallorca / Majorque au naturel : loin des plages et des lieux touristiques, du vieux Palma superbe, la campagne majorquine où il fait bon vivre cultive l’art de l’hospitalité. La nature se marie à la pierre claire. Cultures en terrasses, murs, c’est le royaume de la pierre sèche (elle donne son nom à un circuit de randonnée).

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Après le chemin qui longe le torrent (à sec), ses jeux d’ombre et de lumière, revoici la luxuriance d’un jardin ami, la terrasse à l’ombre de la vigne vierge. Les nèfles sont juste à point pour la maraude.

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Quelques jours à Majorque en mai : à peine rentrée, je me demande déjà quand j’y retournerai. Heureusement, chaque semaine, des « Espaces, instants » nous y ramènent – merci, Colo.

10/05/2016

Ville et village

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Bruxelles a deux visages, ville et village
voyez cette façade dans la rue du musée d’Ixelles.

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Un peu plus bas, un ginkgo dansant
parmi les plantes assemblées le long d’une maison.

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Plus loin, de la voiture (à l’arrêt dans une file),
photographié cet îlot vert entre des immeubles de bureaux.

03/05/2016

Précieux

HH Sasasa (21).JPG

 

 

sur le bois précieux

l’éclat rouge d’un bouquet

maison patricienne

02/05/2016

Premier mai

Entre nuages et azur, c’est le bleu qui a gagné hier midi dans le ciel bruxellois, de quoi illuminer ce dimanche premier mai. En sortant, j’avais l’intention d’aller photographier les premières maisons de l’avenue Huart Hamoir pour compléter mes précédents billets ; c’est chose faite pour un côté, j’y retournerai un matin quand le soleil donnera sur l’autre.

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Avant, les cerisiers en fleurs du square Riga m’avaient déjà fait sortir l’appareil photo de la poche. Premières feuilles, mais c’est encore somptueux, ce rose qui donne du « bonheur en fleur ». Entre les grands ginkgos de la descente vers la gare – vers Train World, à visiter si vous ne l’avez encore fait –, d’autres beaux cerisiers du Japon ornent de rose les façades et les trottoirs.

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Et si nous tournions dans la rue Jean Jaurès ? J’ignorais l’existence d’une maison médicale du même nom, toute pimpante vue de la rue, avec sa cour plantée d’arbres et ses grands mâts de bois où grimpe déjà du lierre. Son site mentionne le label « Entreprise Ecodynamique » obtenu cette année par cette maison installée dans un « bâtiment exemplaire ». Un endroit à fréquenter un jour, qui sait ?

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La meilleure surprise de la balade improvisée ce premier mai, c’est d’apprendre de deux personnes qui sortent de Sasasa, à l’angle de la rue Maeterlinck et de l’avenue Huart Hamoir, que c’est un jour « porte ouverte » dans cette maison que j’ai si souvent admirée de l’extérieur. Inutile de préciser que j’en ai aussitôt profité.

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Le hall d’entrée, avec son double escalier en courbe, je le connaissais par une carte postale du patrimoine schaerbeekois : des proportions parfaites. Une décoration sobre et harmonieuse pour ce centre de Sasasa, « école d’arts savoirs saveurs & sagesse ». Aux murs, les participants à l’atelier photo numérique présentent leurs photos. Il y a du monde au rez-de-chaussée, on peut y prendre un rafraîchissement ou même une collation dans la véranda à l’arrière, près de la cuisine.  

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Sur le côté, dans l’escalier, à l’étage, des photographies encore. Il y en a qui me plaisent beaucoup, comme ces « ombres et reflets » au-dessus d’un bouquet posé sur le parquet blond. Les thèmes sont très divers : insectes, fleurs près d’éclore, écorces, paysages, portraits, toits… J’admire de belles photos de détails prises au Mont des Arts.

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Quel plaisir de découvrir le parc Hamoir des fenêtres en bandeau courbe du premier étage ! Cache-radiateurs, portes, chaises en bois, on a opté ici pour la pureté des lignes simples. Et revoici les cerisiers en fleurs, une vue en rose. Une partie de la maison ne se visite pas – « privé ». Un étroit escalier blanc mène à la terrasse dont la pergola épouse l’arrondi, c’est ouvert, allons-y.

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La petite cuisine attenante est fort sympathique et dehors, c’est un joyeux fouillis de plantes et d’arbustes autour de la grande terrasse donnant sur l’avenue Huart Hamoir. Des bacs en bois entre les doubles colonnes où s’agrippent des grimpantes, des pots de tailles diverses, rien de trop ordonné, libre expression à la fantaisie végétale ! Une table et des chaises rose vif mettent une note de couleur près du mur mitoyen blanchi.

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La maison, le décor, l’ambiance, tout est harmonie à cette adresse dédiée à la création et au bien-être. « Maison bourgeoise moderniste d'inspiration Paquebot, signée sur le soubassement « (M.) UYTTENHOVEN / ARCHITECTE », 1937 », indique la notice à l’Inventaire du patrimoine architectural. Vous y trouverez la description précise des lieux, notamment de l’entrée que j’ai mieux regardée en sortant, avec ses « murs parementés de marbrite dans les tons noir et bordeaux ».

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En mai, fais ce qu’il te plaît.

19/04/2016

Bormes les Mimosas

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En avril, les mimosas ne sont plus en fleurs, mais Bormes les Mimosas offre toujours dans ses jardins et parterres de quoi charmer, étonner, intriguer (si vous connaissez les noms des plantes, instruisez-moi, merci).

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Pour la première fois, en regagnant le parking à l’entrée du village, nous avons vu sur le côté de la chapelle Saint François de Paule le monument funéraire du peintre, sculpteur et céramiste Jean-Charles Cazin, et admiré les beaux bronzes signés par son épouse, également peintre et sculptrice, Marie Cazin.

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18/04/2016

Une journée à Aix

Une journée suffit parfois à vous en persuader : il fait si bon flâner dans une ville où vous entrez pour la première fois que vous y séjourneriez volontiers bien plus longtemps. Aix-en-Provence, la ville de Cézanne présentée il y a peu dans Des racines & des ailes, entre sans conteste dans cette catégorie.

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Fontaine de la Rotonde (place Général de Gaulle)

Dès que j’ai aperçu sur la Rotonde les jets d’eau d’une fontaine monumentale surmontée des statues de la Justice, de l'Agriculture et des Beaux-Arts, à l’extrémité du Cours Mirabeau, je me suis sentie sous le charme : l’espace, la lumière, les platanes, une atmosphère pleine de ce qu’on nomme « urbanité » – et cela se confirmera tout au long de la journée. Sur le côté, un pavillon contemporain tout en vitres sert d’aquarium fascinant pour les nombreux amateurs ou curieux des dernières nouveautés de la célèbre marque informatique à la pomme.

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Entrée du Cours Mirabeau, Aix-en-Provence

Un marché textile occupait le Cours Mirabeau ce jeudi matin d’avril et nous avons dû contourner ses étals pour découvrir les façades des beaux hôtels particuliers qui en font la réputation. Des atlantes supportent le balcon du tribunal de commerce. Certaines de ces demeures imposantes, construites pour des « gens de robe » ou « robins » du XVIIe siècle, arborent des noms de banques ou d’assurances, on imagine bien que les maintenir en parfait état exige, à présent comme alors, de gros moyens.

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Tribunal de commerce

Beaucoup de monde sur le Cours Mirabeau, on y fait son marché, on flâne, on s’installe aux terrasses. Certains se font prendre en photo près des nombreuses fontaines qui le jalonnent, dont les formes sont parfois cachées sous la verdure. Pour un premier déjeuner dans la capitale de la Provence, nous choisissons « Les deux garçons » : Cézanne, le peintre d’Aix « y passait les trois heures d’avant dîner avec son camarade du lycée Mignet, Emile Zola ».

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Les deux garçons, brasserie aixoise

Un groupe d’Asiatiques occupe déjà une longue tablée mais il est encore tôt et beaucoup de gens s’installent dehors, nous serons bien à l’aise pour admirer le décor à l’intérieur. Grands miroirs anciens, pilastres dorés comme les motifs des frises, lustres et appliques… Le cadre vaut la peine, la cuisine ne déçoit pas : le plat du jour est plaisant (calamar a la plancha), la tarte aux fraises délicieuse. Et la bonne humeur du garçon qui nous sert ne ressemble en rien à la façon dont on est accueilli dans certaines brasseries parisiennes. 

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Hôtel de Caumont, façade principale

Merci à celle qui nous a parlé de l’Hôtel de Caumont : ce sera notre première visite de l’après-midi. On y prépare une exposition Turner (à partir du 5 mai) et une partie des jardins est en travaux, mais le centre d’art qui occupe cette splendide demeure dont la restauration a duré cinq ans offre de quoi éblouir. Dans le bâtiment d’accueil, l’auditorium propose en boucle un film d’une demi-heure sur « Cézanne au pays d’Aix », une belle présentation des paysages et les lieux qui l’ont inspiré.

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Hôtel de Caumont, détail de la cage d'escalier

Ensuite, on traverse les communs pour admirer de plus près l’harmonieuse façade du XVIIIe siècle et son fin balcon en fer forgé au-dessus de l’entrée. Par une vaste cage d’escalier dotée d’une autre ferronnerie superbe et de hautes baies, on accède au premier étage : le salon de musique (harpe et bel écrin de clavecin de style Louis XIV), la chambre de Pauline de Caumont (portrait au pastel) sont meublés et décorés avec raffinement. (De petits écrans tactiles donnent des précisions sur demande.)

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Hôtel de Caumont, détail de la chambre de Pauline de Caumont

On peut prendre un rafraîchissement sur la terrasse ou déjeuner au Café Caumont qui occupe différents salons du rez-de-chaussée, ravissants, en particulier « le salon des putti » avec son camaïeu de rose et d’orangé. Les tissus fleuris sont de toute beauté, comme à l’étage. De l’autre côté de l’entrée, deux pièces présentent joliment objets, cartes, babioles et livres destinés à la vente. 

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Hôtel à vendre dans le quartier Mazarin

En reprenant la promenade, j'admire ces jolies Vierges à l’enfant, de styles variés, que les Aixois ont maintenues à l’angle de nombreuses rues. Partout les couleurs des murs sont claires et chaudes, des tons de grès, d’ocre, c’est harmonieux. De grandes portes anciennes font lever les yeux vers les façades. Certains hôtels remarquables du quartier Mazarin sont dans un piteux état (ci-dessus) – j’espère que comme dans le Marais parisien, où c’était encore ainsi dans les années septante, on rendra leur grandeur à ces trésors du patrimoine aixois.

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François-Marius Granet, Sainte-Victoire vue d’une cour de ferme au Malvalat © Photo Musée Granet CPA

Comment passer devant le musée Granet sans y entrer ? Ses collections permanentes – sculpture, archéologie, peinture ancienne et moderne – comportent de nombreuses œuvres du peintre aixois François-Marius Granet, « paysagiste d’exception » qui a peint de belles vues classiques de la campagne romaine, de Provence, et un très beau portrait de lui par Ingres. Anonyme, Le bon Samaritain (France XVIIe) voisine avec des portraits de Rubens et un autoportrait terrible de Rembrandt.

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Nicolas de Staël, Ciel à Honfleur (musée Granet)

Bien sûr, le musée expose des œuvres de Cézanne, de petit ou moyen format, comme le Portrait de Mme Cézanne. « 2006|2016 10 ans d’acquisition » met à l’honneur la donation Meyer, « De Cézanne à Giacometti », avec des œuvres de Picasso, Léger, Mondrian, Klee, Nicolas de Staël (Ciel à Honfleur), Tal Coat… et un bel ensemble de Giacometti (sculptures et peintures).

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Kosta Alex, L’homme de Kalahari, Chapelle des pénitents blancs (Granet XXe)

La collection Planque, installée en 2010 dans une ancienne chapelle de pénitents blancs, annexe du musée Granet, quelque trois cents mètres plus loin, réserve une formidable surprise : quel écrin ! Un bouquet de glaïeuls de Van Gogh précède d’autres peintures de premier plan signées Monet (paysage norvégien dans une tempête de neige), Bonnard (L’Escalier du Cannet), entre autres, et aussi de peintres moins connus comme le Suisse Auberjonois. Picasso, rencontré par Jean Planque quand il travaillait pour la galerie Beyeler, y est très bien représenté – inattendue, sa petite Marine horizontale, pleine de mouvement et de fraîcheur ; effrayante Femme au chat assise dans un fauteuil !

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Pablo Picasso, Marine (Granet XXe)

Mais Planque s’est intéressé aussi à des artistes moins connus comme Roger Bissière (Matin de printemps), Hans Berger (Vert), plus tard à Dubuffet et à l’art brut. Planque peignait mais se jugeait incapable de créer comme eux de nouvelles voies esthétiques. Ses œuvres montrent sa fascination pour les maîtres qu’il admirait et imitait. « Granet XXe » a de quoi séduire les amateurs d’art moderne.

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Place de l’Hôtel de Ville

Vous connaissez bien la ville d’Aix ? N’hésitez pas, indiquez-moi vos endroits favoris. Je retournerai à Aix-en-Provence pour visiter ses églises, guetter la lumière et l’ombre sur ses places avenantes, entrer dans ses librairies et ses boutiques, prendre le temps… ou plutôt le laisser passer.

15/03/2016

A la limite

A la limite de la lumière et de l'ombre
Je remue un trésor plus fuyant que le sable
Je cherche ma chanson parmi les bruits du monde
Je cherche mon amour au milieu des miracles

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Un poème commence où la voix s'est brisée
Et je fais mon bonheur en dénouant tes mains
Quand nous nous rencontrons au bord d'une journée
Nouvelle, au bord de l'aube où le ciel nous rejoint

Odilon-Jean Périer

14/03/2016

Le nid du cygne

Ciel bien dégagé pour ce deuxième dimanche de mars : après une nuit de gel, une légère brume matinale, le thermomètre remonte lentement. Si nous allions au Rouge-Cloître cet après-midi ?

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En passant devant la maison du meunier, une pensée pour le peintre Bastien qui y a habité. Pas étonnant que cet endroit ait inspiré des artistes, le cadre est pittoresque à souhait, en toute saison.

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Beaucoup de promeneurs le long des étangs, dans les allées. Les bancs face au soleil remportent leur succès habituel et quelques pêcheurs ont même jeté leurs lignes dans les eaux tranquilles.

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Plus loin, un chemin s’écarte vers la droite et nous rejoignons un groupe d’observateurs immobiles qui gardent le silence : des photographes et des curieux se sont arrêtés pour regarder le manège des écureuils, des mésanges, des sitelles…

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Il y a là quelques troncs couchés, un fouillis de branchages, et puis, sur les poteaux en bois de la clôture au bord du chemin, des graines pour attirer la faune locale. Difficile de saisir l’instant dans ce ballet improvisé quand on ne dispose pas d’un de ces magnifiques appareils munis de téléobjectifs !

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Mais la plus belle surprise du jour nous attend plus loin : au bord d’un sentier moins passant, tout près de l’eau, un cygne s’affaire sur son nid en construction. Installé en plein milieu, il allonge le cou pour disposer les rameaux autour de lui, fait une pause pour juger du résultat, recommence, sans trop s’inquiéter du voisinage humain.

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Nous le laissons derrière nous avec regret – tant de blancheur, tant de grâce. Un peu plus loin, un panneau « zone de protection » rappelle de ne pas s’écarter du chemin et de tenir son chien en laisse, c’est bien le moins. Quelle confiance chez ce cygne envers les flâneurs du dimanche !

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Emue par ce spectacle, à présent je trouve à tout une grâce particulière, comme à cette frêle ramure au-dessus de l’eau aussi délicate qu’une dentelle.

12/03/2016

Palais de Justice

« J’ai constaté, au fil des années, que les Bruxellois n’aiment guère cette « construction babylonienne », pour reprendre la métaphore de Camille Lemonnier, et qu’ils méprisent en général Joseph Poelaert, comme s’il leur avait fait plus de mal que de bien, comme si, par anticipation, il était le responsable de la mauvaise urbanisation de leur ville.

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Palais de justice de Bruxelles,
carte postale ancienne 1923 Wikimédia Commons

Dans le langage populaire bruxellois, le mot « architecte » est même une insulte. On dit aussi skieven architek*, architecte fou, pour désigner quelqu’un qui n’a pas toute sa tête. »

Jean-Baptiste Baronian, « Poelaert, Joseph » in Dictionnaire amoureux de la Belgique

* (ou « schieven architek »)

 

10/03/2016

Belgique de P à Z

Dictionnaire amoureux de la Belgique de Jean-Baptiste Baronian, dernière. Je pensais le faire durer plus longtemps, mais la curiosité a été la plus forte. Plus on avance dans ce dictionnaire, plus on y décèle certaines préférences de l’auteur : la musique, la petite histoire dégotée dans les livres anciens, l’excentricité, les façons de dire, le goût de surprendre…

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Pierre-Joseph Redouté (1759 –1840), Rosa centifolia foliacea

Commençons par le prix Nobel : si les amateurs de littérature savent que Maeterlinck est le seul écrivain belge à avoir été couronné par le Nobel de littérature (1911), qui pourrait citer un Belge lauréat du prix Nobel de la Paix ? Il y en a pourtant eu trois entre 1904 et 1913. Un autre Nobel figure à la lettre P, Ilya Prigogine (chimie, 1977), qu’on découvre également passionné de culture, récemment décédé.

A la même lettre, aux « drôles de machines » de Panaramenko succède la « pataphonie », « discipline musicale (ou paramusicale) des plus bizarroïdes ». Il faudra mieux regarder la prochaine fois qu’on passe au carrefour à l’entrée du Bois de la Cambre : une petite fontaine « surmontée d’une colonnette » y est dédiée au poète Odilon-Jean Périer qui n’a vécu que 27 ans. Et visiter un jour à Anvers l’imprimerie Plantin-Moretus, « l’Olympe », écrit Baronian, pour les amoureux du livre.

« Quick et Flupke » suivent la « Question royale », puis nous voilà au R : tiens, voici Axelle Red, « le feu qui chante ». Redouté, né à Saint-Hubert, et ses roses « si bien peintes à l’aquarelle, si bien exécutées, qu’elles apparaissent plus vraies que nature ». Django Reinhardt, natif de Liberchies, que Baronian présente via une rencontre à Turin (où il allait participer à un colloque sur Simenon) avec un passionné !

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http://www.fine-arts-museum.be/fr/expositions/de-floris-a-rubens

Rops, forcément, « homme double » : le peintre de Pornokratès et le dessinateur qui se vante d’être « le mieux payé à Paris », achète des demeures fastueuses, plante « deux mille rosiers dans sa propriété d’Essonnes, La Demi-Lune ». Evidemment Rubens, « le peintre belge archétypique ».

Dire que dans nos Musées Royaux des Beaux-Arts bruxellois, la pluie s’est infiltrée près des Rubens – une toiture que la Régie des Bâtiments tarde à réparer ! Quel saint, quelle sainte implorer ? Ce sera ma transition vers l’entrée la plus inattendue du Dictionnaire amoureux de la Belgique : « Saints et saintes ». Jean-Emile Andreux qui nous a tant charmés avec ses « toponymies » en aurait fait son miel. Baronian distingue ici deux catégories de saints : ceux aux prénoms « des plus communs » et ceux qui portent des prénoms rares ou insolites, souvent « attachés à des lieux bien précis ».

Pas de saint Peyo, mais un « coup de génie » : non seulement il a inventé les Schtroumpfs, mais aussi une nouvelle langue schtroumpfement typique du pays de Grevisse ! On reste dans l’invention avec François Schuiten, « le Piranèse de la bande dessinée » et un artiste aux réalisations en tous genres. Louis Scutenaire, maître des aphorismes, habitait lui aussi Schaerbeek.

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Cinq pages pour Simenon : il n’en fallait pas moins pour l’écrivain liégeois et universel, « le génie du roman dans tous ses états » sur qui Baronian a beaucoup écrit. Vous aimez Spilliaert ? Vous aimerez l’émotion de l’auteur chez sa fille naturelle à Uccle. Vous aimez Stromae ? Vous n’aimerez peut-être pas la manière ambivalente de son portrait.

Parmi les rares livres qui ont une entrée directe dans ce Dictionnaire amoureux de la Belgique, voici Tempo di Roma d’Alexis Curvers et, plus loin, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem (tous deux parus en 1967). Seul poème cité intégralement : Toi qui pâlis au nom de Vancouver de Marcel Thiry. Seul critique salué, Pol Vandromme (1927-2009), « le plus grand critique littéraire belge de langue française ». Plus de pages pour les séjours de Verlaine en Belgique que pour Emile Verhaeren.

Après la cristallerie du Val-Saint-Lambert, les « Van » se bousculent : Van Dam et Van Damme à ne pas confondre, Van de Velde et Van Dyck, Van Looy, Van Rompuy et Van Rysselberghe (entre autres). Dernières entrées inattendues à la lettre V : « Violence » et « Voyages ». Baronian raffole des « relations de voyages », surtout les anciennes qui révèlent la Belgique d’antan, par exemple sous la plume de Théophile Gautier, Gérard de Nerval ou Alexandre Dumas.

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A la fin de l’alphabet baronianesque, quelques W mais pas de X, deux Y, un Z – mystères que vous éluciderez si vous réservez une place chez vous à ce Dictionnaire amoureux de la Belgique ou si vous l’empruntez à la bibliothèque : ce nouvel ouvrage de référence vous emmènera, comme le dit joliment la quatrième de couverture, « d’un peintre à un paysage, d’un écrivain à une ville, d’une salle de concert à une épopée sportive, d’une étape gastronomique à un musée, d’une loufoquerie à un émerveillement. »