Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

01/11/2016

L'Espérance

bxl art déco l'espérance.jpg« Une halte dans cette brasserie, une des ultimes réalisations de l’architecte, est indispensable ! Elle conserve sa devanture revêtue de marbre et dont l’imposte est garnie d’une composition géométrique de vitrages imprimés. L’intérieur a conservé la plus grande partie de son mobilier d’origine : lambris, banquettes, poufs, tables basses, bar-comptoir, vitraux, jardinières...

L’établissement se double d’un hôtel dont les chambres étaient autrefois décorées dans le même style. Pendant longtemps, le lieu, caché entre l’église du Finistère et les boulevards, avec son atmosphère feutrée, a accueilli des couples désireux d’un peu de discrétion... »

Cécile Dubois, Bruxelles Art Déco

L’Espérance, Léon Jean Joseph Govaerts, 1930 (Photo Café L’Espérance, 2014 © Jean-Charles)

 

31/10/2016

Bruxelles Art Déco

A la lecture de leur Bruxelles Art nouveau, j’ai eu envie de découvrir aussi le premier guide de Cécile Dubois et Sophie Voituron : Bruxelles Art Déco. Même format et même présentation pratique pour ces promenades à travers différents quartiers, « un aperçu de l’architecture des années 20 et 30 ». L’Art nouveau, éphémère, ne survit pas à la première guerre mondiale. L’Art Déco et le Modernisme prennent le relais, de manière plus durable. Aujourd’hui encore, l’Art Déco inspire les architectes et les décorateurs.

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
(Vue arrière de la Villa Empain / Entrée du musée Van Buuren)

Malgré les nombreux problèmes économiques et sociaux de l’entre-deux-guerres, rappelle Cécile Dubois dans l’introduction, la population bruxelloise voit son niveau de vie s’améliorer globalement, les loisirs se font plus accessibles et plus nombreux : jazz et musiques populaires, nouvelles salles de cinéma, constructions sportives… Les habitations deviennent plus confortables, pas seulement pour les privilégiés qui font appel à des « ensembliers pour la décoration de leur intérieur », mais aussi dans les logements ouvriers.

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Villa Dirickz, Marcel Leborgne, 1933

La construction du Palais Stoclet (1905-1911), par laquelle Josef Hoffmann révèle à Bruxelles la Sécession viennoise, « variation autrichienne de l’Art nouveau », a marqué les architectes belges et annoncé l’Art Déco. Celui-ci prolonge la veine décorative de l’Art nouveau géométrique : lignes épurées, motifs répétés et stylisés, mise en œuvre de matériaux traditionnels et modernes. « Le Modernisme, par contre, cherchait à bannir le recours à l’ornement et toute référence à des styles plus anciens. » Les deux styles se mélangent parfois. L’influence vient aussi des Pays-Bas avec l’Ecole d’Amsterdam et De Stijl. 

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Ancien INR, place Flagey, Joseph Diongre, 1935-1938

De nombreux bâtiments phares ont leur place dans ce guide bruxellois. Par exemple, au cours de la première promenade – « Les étangs d’Ixelles et l’avenue Roosevelt, de La Loge à la Villa Empain » – le Flagey, comme on appelle aujourd’hui l’Institut national de la Radiodiffusion (INR). Joseph Diongre, l’architecte gagnant du concours, construit de 1935 à 1938 ce bâtiment immense de style paquebot sur la place Flagey : brique de parement jaune, « fenestrages en bandeau », tourelle d’angle, aménagement intérieur très soigné. La RTB quitte les lieux en 1974, le bâtiment vivote et décline pendant une vingtaine d’années jusqu’à ce qu’un groupe de personnalités décide de le sauver et de le restaurer. Flagey a rouvert ses portes en 2002, ses studios accueillent à présent des activités culturelles et le café Belga un public nombreux.

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Palais de la Folle Chanson, Antoine Courtens, 1928 © MRBC-DMS 

La loi du 8 juillet 1924 a rendu légal le principe de copropriété, d’où l’essor de la construction d’immeubles à appartements destinés à la bourgeoisie. D’abord de style Beaux-Arts, pour rassurer la clientèle traditionaliste, ils se font de plus en plus modernes, avec une structure et des fondations en béton armé, et proposent sur un seul niveau toutes les commodités réservées avant cela aux hôtels de maître : « ascenseurs, cuisines équipées, salles de bain, concierge, garages, vide-ordures, chauffage central, buanderie, placards, téléphone… »

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Habitation personnelle et appartements, Adrien Blomme, 1928 © MRBC-DMS

Adrien Blomme construit à l’angle de la prestigieuse avenue Franklin Roosevelt et de l’avenue Antoine Depage, en 1928, une habitation personnelle pour sa famille de six enfants et intègre dans son projet « trois petits appartements et deux plus spacieux réservés à des locataires et tout à fait indépendants de son habitation à lui et de ses bureaux », par souci d’économie. La Ville le rejette d’abord pour des motifs d’esthétique et de gabarit, puis l’accepte à la suite de l’abondant courrier de ses confrères, dont Victor Horta, pour le soutenir – « un plaidoyer pour l’architecture moderne » – et critiquer la pratique du pastiche pour le bâtiment A de l’ULB (Université Libre de Bruxelles) de style néo-Renaissance flamande (1924-1928).

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Etablissements Citroën, Alexis Dumont et Marcel Van Goethem, 1933-1934

Bruxelles Art Déco propose aussi de se promener du côté du canal, « du Saillant de l’Yser à l’Archiduc » (piano-bar), en passant par les Etablissements Citroën dont on a beaucoup parlé ces dernières années à Bruxelles : l’ancienne concession automobile a été rachetée par la Ville de Bruxelles en vue d’y créer un musée d’art moderne et contemporain. Depuis la fermeture du Musée d’Art moderne, les collections nationales belges du XXe d’après 1918 n’ont plus de musée ad hoc (musée sans musée) et on a appris récemment un accord passé entre la Ville et le Centre Pompidou pour y présenter d’autres collections que celles des MRBAB*.

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
L'Archiduc, Franz Van Ruyskensvelde, 1937

L’Art Déco n’est pas réservé aux maisons, villas et immeubles, il caractérise aussi des habitations sociales, des entrepôts, des bâtiments industriels, des commerces, des bureaux, des écoles et même des hôpitaux comme Saint-Pierre ou Bordet (promenade dans le centre-ville). Quant au Palais des Beaux-Arts (photo ci-dessous) où je vous invite régulièrement, rue Ravenstein et rue Royale, certains ignorent peut-être qu’il a été conçu par Victor Horta, le maître belge de l’Art nouveau, qui a su évoluer avec le temps. Art Déco « d’une veine sobre d’inspiration classique », ce magnifique complexe rebaptisé Bozar a été récemment restauré, pour le bonheur des visiteurs de ses expositions et du public mélomane (la salle Henry Le Bœuf est réputée pour son acoustique excellente).

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar)

Le quartier Coghen « de l’Altitude Cent à l’Hôtel Haerens » abrite de nombreuses maisons particulières intéressantes pour cette période de l’architecture du XXe siècle et aussi l’église Saint-Augustin (béton armé). Les lecteurs de Bruxelles Art Déco pourront découvrir les quartiers Molière et Brugmann à Uccle, Ixelles et Forest, et enfin l’ouest de Bruxelles, « de l’église Saint-Jean-Baptiste à Tour et Taxis ».

cécile dubois,sophie voituron,bruxelles,art déco,modernisme,guide,photographies,promenades,architecture,entre-deux-guerres,culture
Basilique nationale du Sacré-Coeur, Albert Van Huffel, Paul Rome, 1926-1971

Sur ce dernier parcours se dresse une silhouette incontournable dans le paysage urbain bruxellois : la Basilique nationale du Sacré-Cœur (1926-1971), plus communément appelée Basilique de Koekelberg, une rivale du Sacré-Cœur de Paris et, à l’époque de sa construction, « le deuxième plus grand édifice religieux au monde. »

* 2/11/2016 : Lire à ce sujet l’article de Muriel de Crayencour, Pompidou aurait adoré (Mu in the City)

08/10/2016

Maison Cauchie

Bxl maison Cauchie.jpg« C’est l’une des œuvres les plus originales de l’Art nouveau bruxellois, à la fois influencée par l’architecte de Glasgow Charles Rennie Mackintosh (1868-1928) et par la Sécession viennoise. Paul Cauchie développe le thème de la façade-affiche en couvrant la quasi-totalité de la façade d’une vaste composition en sgraffites. » 

Cécile Dubois, Bruxelles Art nouveau, Racine, 2016.

À l'occasion de la sortie de Bruxelles Art nouveau,
Cécile Dubois et Sophie Voituron vous invitent à une présentation-goûter à la Maison Cauchie
le samedi 22 octobre de 15h à 17h40. 
 

(Rue des Francs, 5 à 1040 Bruxelles. Entrée : 4 €.
S’inscrire avant le 20 octobre auprès de
cecile8968@hotmail.com )

06/10/2016

Bruxelles Art nouveau

Vous aimez vous promener en ville ? à votre rythme ? Dans Bruxelles Art nouveau, Cécile Dubois propose neuf balades à la découverte du patrimoine. Pour qui a déjà participé aux Estivales schaerbeekoises en compagnie de l’historienne et guide conférencière, sa passion pour Bruxelles ne fait aucun doute. C’est avec plaisir que je lui emboîte le pas dans cet ouvrage illustré par des photographies de Sophie Voituron. Bruxelles Art nouveau vient de paraître aux éditions Racine dans la collection « promenades au cœur de la ville » (où j’ai déjà suivi le regard des peintres avec Fabien De Roose à Bruxelles, à Namur).

bruxelles art nouveau,cécile dubois,sophie voituron,promenades au coeur de la ville,bruxelles,art nouveau,architecture,guide,photos,plans,culture

Octobre était le mois de la Biennale Art nouveau & Art déco, dont Cécile Dubois a été une des organisatrices. Changement de nom et de saison : le « Brussels Art Nouveau & Art Deco festival » se tiendra désormais au printemps (première édition du 11 au 26 mars 2017). En feuilletant son dernier ouvrage, je reconnais bien sûr des chefs-d’œuvre incontournables mais je découvre aussi de nombreuses façades inconnues, dans des quartiers que je n’ai pas l’habitude de fréquenter – à aller voir !

bruxelles art nouveau,cécile dubois,sophie voituron,promenades au coeur de la ville,bruxelles,art nouveau,architecture,guide,photos,plans,culture

« Capitale européenne de l’Art nouveau », Bruxelles a perdu certains bâtiments remarquables après la seconde guerre mondiale (faut-il rappeler la démolition de la Maison du Peuple ?) mais il en reste heureusement beaucoup et ces dernières années, l’intérêt pour l’Art nouveau se renouvelle. Ce courant architectural n’a pas véritablement de quartier privilégié à Bruxelles et il « n’est jamais le seul style présent dans un quartier ». Si Victor Horta en est l’architecte belge le plus connu, d’autres ont signé des constructions novatrices qu’on admire, qu’on restaure, qu’on protège, qu’on redécouvre un siècle plus tard.

bruxelles art nouveau,cécile dubois,sophie voituron,promenades au coeur de la ville,bruxelles,art nouveau,architecture,guide,photos,plans,culture
Vue extérieure de l'Hôtel Solvay (Horta) http://www.hotelsolvay.be/index-fr.php

La première balade, « aux origines de l’art nouveau », va du splendide Hôtel Solvay de Victor Horta (avenue Louise, ouvertures exceptionnelles) au musée Horta, sa maison-musée (rue Américaine, ouverte tous les jours sauf le lundi). Un plan très clair permet de situer les dix étapes de ce parcours à cheval sur trois communes, Bruxelles-Ville, Ixelles et Saint-Gilles. L’art nouveau naît à Bruxelles en 1893 avec Victor Horta et Paul Hankar : cette année-là, le premier construit l’Hôtel Tassel, « manifeste de l’Art nouveau organique », pour un ingénieur de la firme Solvay ; le second, sa propre maison, « art nouveau géométrique ».

bruxelles art nouveau,cécile dubois,sophie voituron,promenades au coeur de la ville,bruxelles,art nouveau,architecture,guide,photos,plans,culture
Escalier de l'Hôtel Tassel (Horta)

A leurs côtés, voici Albert Roosenboom, dessinateur pour Horta « avant de devenir l’un des plus grands défenseurs de l’esthétique Beaux-Arts, rappel des styles français du XVIIIe siècle » ; Octave Van Rysselberghe qui a construit avec Henry van de Velde un hôtel particulier pour Paul Otlet, l’inventeur de la Classification Décimale Universelle ; Benjamin De Lestré ; Adrien Blomme… Accolés aux descriptions des maisons et immeubles, de courtes biographies présentent les architectes, des encadrés en pointillé signalent d’autres points d’intérêt à proximité. Bruxelles Art nouveau offre aussi de temps à autre un entretien-portrait avec des personnalités liées par leur passion ou leur profession au patrimoine, comme Claire Fontaine (restauratrice) ou Françoise Aubry (conservatrice du musée Horta) pour cette première promenade.

bruxelles art nouveau,cécile dubois,sophie voituron,promenades au coeur de la ville,bruxelles,art nouveau,architecture,guide,photos,plans,culture
Maison de Paul Hankar

Les photos des façades, de détails, permettent d’apprécier les éléments remarquables expliqués dans le texte de présentation d’une page ou deux. A la date de construction s’ajoute souvent celle du classement, voire de l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il ne s’agit pas uniquement de demeures bourgeoises. Entre Ixelles, Saint-Gilles et Forest (promenade 2), on s’arrête devant une clinique, des ateliers d’artistes, des ensembles de plusieurs maisons, des logements ouvriers même. Les balades suivantes explorent le cœur de Saint-Gilles, le Cinquantenaire et le quartier des squares, Ixelles, les confins de Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek, le cœur de Schaerbeek, le Sablon et les Marolles, et enfin le cœur même de Bruxelles.

bruxelles art nouveau,cécile dubois,sophie voituron,promenades au coeur de la ville,bruxelles,art nouveau,architecture,guide,photos,plans,culture
Cache-radiateur, Hôtel Cohn-Donnay (De Ultieme Hallucinatie) © Sophie Voituron 

Après un premier guide consacré à l’Art déco (2014) dans la même collection, Cécile Dubois offre ici une lecture instructive sur l’Art nouveau bruxellois. Et surtout elle incite à flâner en ville, son livre à la main, pour observer ces réalisations architecturales hors du commun. Voici de quoi nourrir la curiosité de tous les amoureux de Bruxelles et de son patrimoine. (Merci à Cécile Dubois et aux éditions Racine pour cet envoi.)

01/10/2016

Fille

Mastrovito Grignan.jpgSur un mur du château de Grignan, une œuvre d’Andrea Mastrovito a pris place en 2015 : The unnamed feeling (L’indicible sentiment).

Sculptée dans le plâtre, la fille de la marquise de Sévigné, Françoise Marguerite de Grignan, y tient comme des ballons les quatre phases de la lune, « symboles de la mère et du temps qui passe ».

Pauline Adhémar de Monteil de Grignan, sa fille, marquise de Simiane (Valréas),  a joué un rôle important dans la publication des lettres de sa grand-mère (d’où la plume rouge de Grignan, emblème du festival de la correspondance).

29/09/2016

Lumières drômoises

« Tous les mois de l’année sont des essais sommaires
d’où le parfait septembre tire sa composition » 

cette phrase de Virginia Woolf (Journal) pour partager avec vous
un peu de ces lumières drômoises qui m’ont enchantée.

Drôme 2016 (1).JPG

Drôme 2016 (2).JPG

Drôme 2016 (3).JPG

 Ici ou là, un indice.

Drôme 2016 (4).JPG

Drôme 2016 (5).JPG

Drôme 2016 (6).JPG

Au Temple de Venterol, pour les journées du patrimoine,
des photos de Chris Hoffmann (parrainage d’enfants cambodgiens)
– reflets dans un détail photographié sur place, beauté et secrets des visages.

Drôme 2016 (7).JPG

Drôme 2016 (8).JPG

Photos sans légendes, pour le plaisir du regard.

Drôme 2016 (10).JPG

Drôme 2016 (11).JPG

Ouvrir grand les yeux, les fenêtres.

Drôme 2016 (15).JPG

Drôme 2016 (13).JPG

Drôme 2016 (12).JPG

 

 

 

10/09/2016

Avec jardin

Reyers et Diamant (71).JPG

 

Avenue de l’Opale, une maison Art Déco est à vendre, avec jardin : en prime, une jolie fontaine en vitrail d’imposte et d’autres vitraux à l’intérieur.

L’architecte est le fils d’Henri Jacobs qui a conçu des écoles Art nouveau à Schaerbeek.

 

 

***

Bientôt une pause-vacances pour moi ;
pour vous, quelques extraits choisis.
Bonne lecture.

Tania

08/09/2016

Maison Art Déco

Pour la dernière des Estivales auxquelles je me suis inscrite cet été, Cécile Dubois nous a fait visiter une « maison Art Déco à tendance moderniste » au 59, boulevard Reyers, juste en face de la RTBF, un boulevard qui a beaucoup gagné avec la démolition du viaduc cette année, encore en travaux. Un atelier d’architecture occupe cette maison de 1932, signée Paul Aernaut.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Je reprends à l’Inventaire du Patrimoine architectural cette définition : « Le modernisme (à partir des années 1920) est un courant international prônant la suprématie de la fonction sur la forme. Il se caractérise par l’emploi de volumes géométriques élémentaires, de la toiture plate, des fenêtres en bandeau et des matériaux modernes comme le béton armé. »

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

C’est à la fin du XIXe siècle qu’on a décidé le tracé des grands boulevards bruxellois, celui-ci s’est appelé d’abord « Boulevard militaire » avant de prendre le nom d’Auguste Reyers, bourgmestre de Schaerbeek de 1909 à 1921. Le Tir National, juste en face, disposait de terrains vallonnés pour l’entraînement. Après sa destruction, ce sont les radios-télévisions belges qui s’installent là dans les années 60-80 ; aujourd’hui cachées par des immeubles de bureaux, elles vont faire place au futur Mediapark. 

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

L’architecte Paul Aernaut a construit cette maison pour deux Verviétois, des fabricants de matériel électrique qui par la suite vendront aussi des radios. Puis un salon de coiffure s’y est installé, fréquenté par des gens de la RTBF. L’urbanisme a refusé l’ajout d’un étage supplémentaire, puis la conversion de la maison en bureaux. Enfin, le propriétaire actuel l’a restaurée. Au-dessus de l’atelier d’architecture se trouvent une salle à manger et un salon que nous pourrons visiter, mais pas le dernier niveau tout à fait privé.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Les pièces en enfilade sont éclairées par de grandes baies vitrées permises par une structure en béton et dotées par-dessus d’un vitrage aux motifs géométriques que nous retrouverons partout dans la maison, en particulier dans les portes. Les suspensions contemporaines des bureaux s’y intègrent bien. Les cheminées d’angle en marbre ont été maintenues.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Nous suivons notre guide au jardin, où une surprise nous attend : une œuvre de Willy Anthoons, élève d’Oscar Jespers, passé du figuratif à l’abstrait (œuvres au Middelheim et au Kroller-Muller). Ici, derrière un petit bassin circulaire, sous une pergola en béton, trois bas-reliefs (1933) illustrent le thème du sport, en vogue à cette époque favorable à l’hygiénisme.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

En rentrant dans la maison, dotée d’un toit terrasse, nous traversons la cuisine au sol noir et blanc (comme à la Villa Cavrois) pour aller admirer le hall et la cage d’escalier. La rampe a été poncée, elle était du même bois noirci que le reste. L’enduit au mur est nouveau, à l’origine il était à la feuille d’or. Les marbres du hall et du vestibule sont conservés. 

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

A l’étage, nous retrouvons les mêmes baies vitrées, avec une jolie vue arborée côté boulevard, et en plus, au salon, une alcôve dotée du même éclairage par le haut. Idem, plus étonnant encore, pour l’alcôve de la belle salle de bain en marbre strié de noir où est placée la baignoire, avec de part et d’autre de petites portes au vitrage identique. Les grilles de rue originales mériteraient une restauration.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Un peu plus loin sur le boulevard Reyers, la guide nous arrête devant une maison de la même époque, transformée en appartements, dont les châssis originaux ont été remplacés – et cela modifie beaucoup son allure. Paul Aernaut ayant aussi construit une maison pour le père de Jacques Brel, Cécile Dubois nous montre, en plus de photos anciennes et d’une monographie sur Anthoons, une biographie du chanteur avec des photos de ses multiples domiciles à Bruxelles.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Nous verrons sa maison natale au cours de la promenade dans les rues « des pierres précieuses » (saphir, émeraude, diamant…) mais nous commençons par l’avenue Emile Max, une avenue aérée aux larges trottoirs, pour admirer une belle maison d’inspirations Beaux-Arts et Art Déco occupée à présent par l’Ecole anglaise, au 163 (ci-dessus) : Jules Libois y a apposé une signature très explicite sur sa profession et son origine.  

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Bâtie pour un haut fonctionnaire, cette maison de 1930 possède dans sa large façade (14m90) une deuxième porte pour l’entrée de service, à côté de la porte de garage. Un seul étage pour cette demeure dotée d’une véranda à l’arrière, d’un grand palier servant de salle de billard et de vastes réceptions. Le terrain continuant à l’arrière jusqu’à l’avenue de l’Opale, son propriétaire y fera construire deux maisons pour ses enfants. L’éclectisme du 163 contraste avec la maison moderniste juste à côté (1928), d’un style plus radical, en blanc et noir (ci-dessous).

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Que de choses à regarder ! La hauteur de porte, au numéro suivant, semble conçue pour un géant. Et voici un endroit particulier : Albert Delcorde a construit ici une école catholique avec un local pour les scouts à l’arrière – l’unité scoute de Jacques Brel dans son quartier natal – et l’entrée du plus vieux cabaret bruxellois, L’os à moelle.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

De l’autre côté de la rue, Cécile Dubois commente à la demande d’une participante une belle façade de style Beaux-Arts, au 142 (ci-dessous, à gauche), aux matériaux coûteux, en plus des sculptures ornementales, un style qui « a chevauché » la première guerre mondiale, contrairement à l’Art nouveau qui a laissé la place à l’Art Déco. Celui-ci caractérise les deux immeubles à appartement aux numéros 141 et 143, « identiques en miroir » (1933). 

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

Le site du comité Opale-Opaal, tenu par des Opaliens attachés à leur quartier, propose un index des maisons intéressantes rue par rue, dont la rue d’Opale, forcément, et aussi l’avenue du Diamant où je choisis, pour terminer ce billet, de vous montrer la maison natale de Jacques Brel, aujourd’hui celle d’un notaire, au 138.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

L’architecte René Doom,  déjà primé au concours de façades de Schaerbeek de 1913 pour les numéros 130 et 132, a remporté la médaille d’or au concours de 1914 pour sa propre maison, au 143, de style éclectique, avec le même motif de vigne qu’il a souvent choisi pour l’ornementation.

estivales,2016,schaerbeek,patris,promenade guidée,visite,maison,art déco,modernisme,architecture,bruxelles,entre-deux-guerres,patrimoine,culture

(Ne manquez pas de cliquer sur les liens vers l’IPA dont les notices comportent souvent plusieurs photos.)

 

.

30/08/2016

Ouette d'Egypte

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture« L’ouette d’Egypte habite toute l’Afrique subsaharienne, la vallée du Nil et le sud de la Palestine. Une petite population vit dans le sud de l’Angleterre où l’espèce a été introduite au XIXème siècle, et une autre plus restreinte existe aux Pays-Bas, originaire d’oiseaux échappés de parcs. »

Source : Oiseaux.net qui vous en dit tout et où vous pouvez écouter son cri, son chant.

 

Photo T&P : Etangs du Rouge-Cloître, Bruxelles (17.8.2016)

29/08/2016

Tous les verts

Au printemps, ils sont plus frais, plus acides, mais les verts de l’été, en août, ont aussi bien du charme. Au Rouge-Cloître, une après-midi : tous les verts, toutes leurs nuances, se mêlent. Où qu’il se pose, l’œil prend un bain de couleurs et de formes, de lumière et d’ombre.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

A la surface glauque des bassins, le long de l’abbaye, des grenouilles en grand nombre, immobiles.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Nous sommes à l’entrée de la Forêt de Soignes ; se promener au Rouge-Cloître, c’est, autour des étangs, regarder le soleil jouer dans les feuillages. Le grand nid des cygnes est encore visible, près du chemin, mais ils se sont réfugiés de l’autre côté du petit étang des Clabots.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

La prêle des bois s’étend par endroits comme une rivière moussue au pied des troncs, légère, aérienne, élégante.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

A contre-jour, un arbrisseau se dessine, vert vif contre vert sombre. J’aurais voulu vous montrer le superbe martin-pêcheur au bord de l’eau, mais il s’est envolé trop vite.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

On plante çà et là de jeunes pins sur les talus, leurs aiguilles vert bleu contrastent avec le feuillage des arbres voisins. Le bois mort laissé sur place nourrit la biodiversité.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Sous la surface verdie des étangs, des formes sombres en mouvement, parfois plus claires : les étangs du Rouge-Cloître abritent « la brème, la tanche, la carpe, le gardon, le rotengle, l’épinoche, la perche, le brochet ou la rare bouvière » (Bruxelles Environnement).

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Du chemin, on suit le fil de l’eau, entre les branches basses et les haies.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Puis on revient vers la Maison du Meunier, où le lierre grimpe sur le toit – une maison souvent peinte, certains l’appellent la maison de Bastien.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Près de la ferme, un dindon parade, on ramène les ânes. Dans les espaces de loisirs aménagés à l’arrière, les enfants montent à l’assaut d’un beau trois-mâts.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Le site est aujourd’hui soigneusement préservé. Plusieurs zones non accessibles constituent l’une des réserves naturelles de la forêt de Soignes.

rouge-cloître,auderghem,bruxelles,abbaye,étangs,nature,forêt de soignes,promenade,culture

Une promenade au Rouge-Cloître est toujours bienfaisante et en particulier, sous un ciel d’azur. Au sud de Bruxelles, c’est un endroit très cher aux amateurs de verdure.