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29/10/2013

Planète bleue

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Sphères © Russell Crotty / Dessins © Desmond Lazaro

« Vue à grande distance, la Terre présente différentes couleurs mais le bleu y est largement dominant en raison de l’oxygénation de l’atmosphère qui l’entoure. D’où l’expression « planète bleue » devenue courante pour la désigner à partir des années 1960, c’est-à-dire à partir des premiers voyages dans l’espace. Mais les poètes avaient précédé les cosmonautes : dès 1929, Paul Eluard chantait dans un poème célèbre : « la Terre est bleue comme une orange ».

Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d’une couleur, Seuil, 2000. 

***

« La route bleue - Périples et beautés, de la Méditerranée à la Chine »
Villa Empain, Bruxelles, 27 septembre 2013 – 9 février 2014. 

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Lumière née de la lumière © Bang Hai Ja

 

 



 

 

28/10/2013

La route bleue

Une autre expo bruxelloise en cours, à la Villa Empain déjà présentée ici, porte ce beau titre : « La route bleue ». On pense à la route de la soie, et c’est bien des avatars du bleu entre Orient et Occident – « Périples et beautés, de la Méditerranée à la Chine » – que nous parle cette sélection d’objets d’hier et d’aujourd’hui, fidèle au principe de la Fondation Boghossian. Un voyage dans la couleur aujourd’hui préférée des Occidentaux, comme le rappelle souvent Michel Pastoureau qui lui a consacré un de ses beaux livres (son « Vert » sera publié bientôt). 

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La Villa Empain vue du jardin 

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Chaque jour © Betty de Paris 

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© Betty de Paris

A droite de l’entrée, un salon présente des variations de Betty de Paris sur l’indigo – ce bleu végétal venu d’Inde – dont elle décline les nuances dans une série d’œuvres textiles, comme ce grand damier bleu et blanc en guise de store ou cette pelote de fil de ramie intitulée « Chaque jour ». 

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© Raed Yassin

Le grand hall ne manque jamais son effet, avec la grande baie vitrée du salon d’honneur qui donne sur la piscine et le jardin, mais le regard monte aussitôt vers les nymphéas d’Isabelle de Borchgrave suspendus dans l’air, feuilles et tiges bleues portant des fleurs blanches qu’on appréciera mieux d’en haut, une belle installation de cette artiste belge connue surtout pour ses robes anciennes en papier. Devant soi, on croit voir de grands vases chinois classiques ; de près, ces porcelaines fabriquées en Chine par des artisans locaux révèlent des motifs surprenants : Raed Yassin, né à Beyrouth en 1979, les a ornés de scènes de la guerre au Liban. 

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Sèvres et Limoges (Cité de la céramique)

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Plat d'Iznik, faïence, 1550-1560

De part et d’autre, de précieuses pièces de céramique ancienne sont présentées dans des vitrines – vase florentin du XVIe siècle, porcelaines de Limoges, de Sèvres ou de Nevers, plats d’Iznik, vases de Chine ou du Japon… – en compagnie d’œuvres contemporaines comme la barque dressée d’Andrey Zouari ou les cercles de papier du dessinateur portugais Rui Moreira. 

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© Arlette Vermeiren 

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Détail© Arlette Vermeiren

J’ai retraversé le hall pour aller contempler de près une de mes préférées parmi les œuvres exposées, aussi lumineuse qu’un vitrail : des papiers noués d’Arlette Vermeiren, une artiste bruxelloise qui s’est inspirée des itinéraires de la route de la soie, de la Méditerranée vers la Chine. Devant une large fenêtre, ses papillons de papiers noués colorés en bleu, avec des reflets d’or et d’argent, parfois du vert ou du rouge, volent et voilent la lumière du monde – c’est somptueux. 

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Nymphéas © Isabelle de Borchgrave

A la fenêtre de l’escalier qui mène à l’étage, une œuvre sur verre commandée récemment par la Villa Empain à la Coréenne Bang Hai Ja s’intitule « Lumière née de la lumière ». En haut, deux beaux disques de céramique calligraphiés par Alechinsky se répondent de part et d’autre du vide où flottent les nymphéas. 

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We are so lightly here, 2009 © Hale Tenger

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Blue Coconut Palm Leaf, 2012 © Desmond Lazaro

Dans les salles plus intimes disposées tout autour, il reste beaucoup à découvrir, autant d’approches du bleu que d’œuvres, spectaculaires ou discrètes comme ce minuscule parachutiste en bronze, acrylique et émail, que Hale Tenger a déposé au centre d’un coussin de soie blanc – l’image est forte et elle m’a émue, j’ai aussitôt pensé aux parachutistes belges dont l’avion s’est écrasé il y a peu. L’artiste turque y propose une réflexion « sur la fragilité de la vie, entre la naissance et la mort ». En effet. 

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© Yoshiro Kimura

Dans cette pièce, des pigments bleus et or de Desmond Lazaro, des sphères ornées de paysages et d’écritures de Russell Crotty inspiré par les astres. Parmi les céramiques montrées à l’étage, ne manquez pas les porcelaines de Yoshiro Kimura, avec des effets extraordinaires de vagues en surface. 

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© mounir fatmi

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Veste de fonctionnaire civil, Musée Guimet

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Sari Jamdani (détail), Musée Guimet

Plus loin, un triptyque de mounir fatmi (la résistance de lartiste marocain aux traditions va jusqu’au refus des majuscules) a nécessité plus d’une centaine de tapis de prière, ainsi détournés vers la création artistique. En face de ce collage, en vitrine, une magnifique « veste de fonctionnaire civil » en satin de soie indigo (Chine, dynastie Qing, XIXe) a été prêtée par le Musée Guimet, de même qu’un « sari jamdani » en mousseline de coton brodée de fils blancs d’une extrême finesse. 

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Des peintres sont présents sur « La route bleue » : d’Alechinsky encore, une belle toile, « Parole d’eau » ; « Le cheval de cirque » de Miró, du musée d’Ixelles ; un Yves Klein, pour les plus connus.  Dans une pièce consacrée aux parures anciennes, vous verrez d’extraordinaires bijoux réalisés avec des plumes de martin-pêcheur, très prisées dans l’aristocratie chinoise, emblèmes de fidélité conjugale : épingles à cheveux, broches, coiffes portées lors des grandes occasions. A côté, la sculpture « Indigo shadow » d’Abdulrahman Katanani évoque la cueillette de la plante à partir de laquelle se fabriquait la couleur. 

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Pour ne pas être trop longue, je me contente de citer encore deux artistes en harmonieuse cohabitation (photo ci-dessus), Anne De Bodt avec les légères et subtiles embarcations de sa « Flottille » et Mahmoud Hojeij, « Re Palestina », une série de tirages photographiques déclinant les bleus du ciel et de la mer, du plus clair au plus sombre. D’autres photos et installations vous attendent dans l’escalier qui mène au sous-sol, je vous en laisse la surprise. 

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© Tarek Al-Ghoussein - Courtesy of The Third Line, Dubaï

Pour conclure, cette formule de Guy Duplat dans La Libre : « une exposition exquise de beauté et de finesse, mêlant art contemporain et ancien avec les arts décoratifs. Les yeux rivés sur l’Orient, proche et lointain. » Et cette phrase de Philippe Jaccottet citée dans son article : « Et le bleu n’est plus une matière, c’est un songe. »

26/10/2013

Fanfreluche

« Il s’appelle Fanfreluche, très joli nom de chien, qu’il porte avec honneur. 

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Fanfreluche n’est pas plus gros que le poing fermé de sa maîtresse, et l’on sait que madame la marquise a la plus petite main du monde ; et cependant il offre à l’oeil beaucoup de volume et paraît presque un petit mouton, car il a des soies d’un pied de long, si fines, si douces, si brillantes, que la queue à Minette semble une brosse en comparaison. Quand il donne la patte et qu’on la lui serre un peu, l’on est tout étonné de ne rien sentir du tout. Fanfreluche est plutôt un flocon de laine soyeuse, où brillent deux beaux yeux bruns et un petit nez rose, qu’un véritable chien. Un pareil bichon ne peut qu’appartenir à la mère des Amours, qui l’aura perdu en allant à Cythère, où madame la marquise, qui y va quelquefois, l’a probablement trouvé. »

Théophile Gautier, Le petit chien de la marquise

24/10/2013

Un livre délicieux

Un livre délicieux, cadeau attentionné, est arrivé entre mes mains cet été : Le petit chien de la marquise de Théophile Gautier. L’histoire en est aussi légère que ledit Fanfreluche, mais avant de vous en parler, essayons de rendre le charme de cette merveilleuse édition de 1893, éditée par la Librairie L. Conquet à Paris, illustrée de vingt et un dessins de Louis Morin. 

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Outre sa parure propre à retenir l’attention des bibliophiles, dont je ne maîtrise pas le jargon, c’est un exemplaire du dessinateur : les illustrations y sont précédées d’esquisses au crayon. La ligne virevolte, gracieuse, autour des protagonistes de la nouvelle. Eliante, « petite-maîtresse », se réveille à peine dans son lit que caresse un rayon de lumière, au lendemain d’un souper chez la baronne,  « cependant midi vient de sonner. Midi, l’aurore des jolies femmes ! » Plus qu’aux coqs-à-l’âne de l’abbé et aux impertinences du chevalier, elle ne pense qu’au personnage le plus admiré de la soirée : « le petit chien de la marquise, un bichon incomparable qu’elle avait apporté dans son manchon ouaté. »

Imaginez Fanfreluche, une touffe de poils blancs dressée sur la tête, nouée d’un joli ruban, « un flocon de laine soyeuse », dansant le menuet sur ses pattes arrière et amusant la galerie par ses tours et ses mines. Représentez-vous Eliante, « qui est née et ne voit que l’extrêmement bonne compagnie », mariée à quinze ans au comte de ***, quarante ans passés, « dans toute sa mignonne perfection ». 

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« Un pastel de Latour » : Gautier nous décrit la jeune rêveuse obsédée par le petit chien, appuyée sur son oreiller « de la plus fine toile de Hollande, garnie de points d’Angleterre » et en profite pour nous faire découvrir sa chambre à coucher de style Pompadour : un lit de bois sculpté peint en blanc, un ciel de lit « orné de quatre grands bouquets de plumes », une grande glace « à trumeau festonné de roses et de marguerites », un guéridon, des dessus de portes où sont représentées des scènes mythologiques ou galantes…

S’ensuit un dialogue avec Fanchonnette, sa femme de chambre : le duc Alcindor attend depuis deux heures au moins le réveil d’Eliante, qui accepte de le recevoir dans sa « ruelle ». Perruque poudrée, habit rose et vert, chapeau à la main, son soupirant est prêt à tout pour celle qui ne désire rien ni personne à part Fanfreluche – y compris à devenir voleur de chien. 

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« Le pastiche délicat qui se présente pour la première fois sous une parure digne de lui n’a pas laissé dans l’histoire des œuvres de son auteur une trace bien importante » avertit Maurice Tourneux dans la préface. « Pour que notre âme soit en fête, / Pour avoir un bonheur complet, / Que faut-il ? Faire la conquête / D’un livre édité par Conquet », déclarait Henri Meilhac (1831-1897), de l’Académie française, cité par le bibliophile Rhemus (Jean-Paul Fontaine, Quand Léon Conquet renversait l'idole du vieux bouquin, Histoire de la bibliophilie, 30/9/2013).

Comédie sans prétention, inspirée des histoires galantes du XVIIIe siècle, Le petit chien de la marquise de Théophile Gautier a d’abord été publié en trois fois dans Le Figaro (décembre 1836) avant d’être intégré dans un volume de ses Nouvelles. Sa candeur m’a fait sourire, ses illustrations – crayon, encre et aquarelle (excusez la médiocrité des photos bleutées) – me ravissent par leur élégance, leur finesse et leur gaieté.

15/10/2013

Pain quotidien

« Ayant atteint la soixantaine, van de Velde chercha une formule lumineuse qui puisse résumer le rôle primordial joué par le livre dans sa vie. Selon lui, le livre pouvait stimuler l’homme par son utilité et le séduire par sa beauté, il était « le pain quotidien culturel », notre nourriture spirituelle dans une vie de tous les jours vouée à l’utilitarisme, mais aussi un « monument de la pensée » ». 

John Dieter Brinks, Art du livre, fascination de la ligne en tant qu’ornement in
Thomas Föhl, Sabine Walter, Werner Adriaenssens, Henry van de Velde Passion Fonction BeautéLannoo, 2013.
 

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Henry van de Velde - cover design of the 1908 Insel edition of Friedrich Nietzsche's Ecce Homo

Photo Michiel Hendryckx / Wikimedia Commons

 




14/10/2013

Signé van de Velde

« Passion Fonction Beauté » : ne manquez pas la grande exposition des Musées Royaux d’Art et d’Histoire, au Cinquantenaire à Bruxelles, pour célébrer les cent cinquante ans de Henry van de Velde (1863-1957). Né à Anvers, d’abord peintre, ce créateur touche à tout va s’illustrer surtout dans l’architecture et les arts appliqués. En Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas – la première et la dernière des quatre maisons qu’il a conçues pour sa famille se situent à Uccle (Bloemenwerf) et à Tervueren (La Nouvelle Maison).  

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Couverture du dossier pédagogique des MRAH, bien illustré

Vous avez peut-être visité le musée Kröller-Müller dessiné par lui à Otterlo. Vous avez certainement déjà vu le magnifique chandelier art nouveau à six branches, emblème de cette rétrospective, ou le fameux bureau « rognon » que je ne manque pas d’admirer chaque fois que je vais au Musée d’Orsay. Mais vous ignoriez peut-être comme moi que le logo de la SNCB, avec son « B » cerné d’un ovale, est signé van de Velde, et qu’il a décoré aussi des voitures de la compagnie, en première, deuxième et troisième classe. 

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Van de Velde, Portrait de Jeanne Biart

L’exposition commence par ses dix ans de peinture (1883-1893), surtout paysagiste, avec un beau portrait de sa sœur, Portrait de Jeanne Biart. Van de Velde admire Millet, les impressionnistes, avant d’adopter la technique de Seurat. Ses Dunes de 1988 n’ont plus rien à voir avec le Moulin réaliste de ses débuts, ni Soleil d’hiver et surtout La fille qui remaille, un chef-d’oeuvre.

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Van de Velde, La fille qui remaille © MRBAB

En participant au Salon des XX, van de Velde est frappé par les céramiques de Finch, qui lui fait découvrir le mouvement Arts & Crafts. Il décide alors de se tourner vers les arts appliqués, qui correspondent davantage à ses idées sociales en faveur de la beauté pour tous et dans la vie quotidienne, même si ce sont des acheteurs aisés qui vont devenir ses commanditaires. 

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Paire de chandeliers, bronze argenté, Bruxelles, 1898-1899 © MRAH

Meubles et objets contemporains anglais et belges – service à thé de voyage en argent de Christopher Dresser, chaise de Morris, mobilier de Godwin, grande armoire buffet de Victor Horta, grès de Delaherche…– entourent les premières œuvres de van de Velde, dont un étonnant portrait au pastel du poète Max Elskamp, son camarade de classe et ami depuis leurs treize ans. Des coupes, des vases, des reliures, des bijoux… L’exposition rassemble des centaines d’objets. 

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Van de Velde, Vase, 1901-1902 © MRAH

En 1894, Henry van de Velde écrit dans son manifeste, « Déblaiement d’art », le principe premier de son art : « La ligne est une force. » Une œuvre remarquable, « Veillée d’anges », en laine et soie, l’illustre parfaitement (il la conservera chez lui toute sa vie). Quatre jeunes femmes sont agenouillées en prière dans un jardin, devant un enfant couché sur l’herbe, tandis que derrière des arbres stylisés, des femmes en coiffe observent la scène. Sur la ligne d’horizon, très haute, des arbres jalonnent une route. Les couleurs, les formes, les lignes – l’arrondi des robes sur l’herbe répondant aux autres courbes –,  tout mérite l’attention dans ce chef-d’œuvre tout en « arabesques linéaires », aujourd’hui dans un musée de Zurich. 

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Van de Velde, Sofa, 1905  © MRAH

Plus loin, à la fin d’une série d’œuvres sur papier, un pastel, Composition végétale abstraite (qui m’a fait penser à Spilliaert) offre de somptueux tons de bleu, vert et orange. Dans cette salle, on présente de belles pièces en Val Saint Lambert dues à Louis-Léon Ledru d’après des dessins de van de Velde, dont une jolie coupe aux noix à deux anses et une grande coupe verte à volutes. 

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Van Rysselberghe, Maria Sèthe à l'harmonium, 1891 © Musée des Beaux-Arts d'Anvers

Des photographies (N/B) de Maria Sèthe sont projetées en grand sur un mur : l’épouse de van de Velde y porte des robes dessinées par lui, des vêtements amples par souci d’hygiène et de confort, en opposition avec la mode parisienne des corsets. Elle signe la préface d’un album de robes pour dames. Des cols, des corsages, des manchettes, des ourlets réutilisables d’une toilette à l’autre sont présentés dans de petites vitrines tables. Et de Van Rysselberghe, le magnifique portrait de Maria Sèthe rappelle qu’elle était pianiste. 

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Photo L'Avenir

De grandes photos jalonnent tout le parcours, des portraits de van de Velde et des vues de maisons qu’il a construites. L’impression sur plaque métallique (j’ignore le procédé exact) rend heureusement la profondeur, on le voit bien par exemple sur celle du Bloemenwerf, sa maison d’Uccle un peu inspirée de la Red House de Morris, entourée de feuillages. 

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Villa Bloemenwerf à Uccle (photo Wikipedia)

Comme chez Horta, qui ne l’appréciait pas et s’opposera à van de Velde à plusieurs reprises, tout est pensé pour ses intérieurs de A à Z, les poignées de portes, les encadrements en bois exotique, un centre de table qui puisse recevoir les plats chauds, une chaise d’enfant ravissante où les montants du dossier forment un « V », comme sur celle-ci. 

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Chaise "Bloemenwerf", 1895
Photo Chris 73 pour Wikimedia Commons 

Si van de Velde est mieux connu et reconnu en Allemagne qu’en Belgique, c’est sans doute parce qu’il y a vécu dès 1900, à Berlin d’abord, puis à Weimar, où on lui confie le renouveau culturel de la ville. Conseiller artistique du grand-duc Guillaume-Ernest de Saxe-Weimar-Eisenach, il s’occupe entre autres du centre d’archives Nietzsche, ayant toute la confiance d’Elisabeth Förster-Nietsche. En plus de son enseignement à l’Institut des Arts appliqués, le futur Bauhaus, il doit répondre à de multiples commandes privées : construction de villas, aménagements d’intérieurs.

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Archives Nietzsche à Weimar © http://www.klassik-stiftung.de/index.php?id=86

Si van de Velde est mieux connu et reconnu en Allemagne qu’en Belgique, c’est sans doute parce qu’il y a vécu dès 1900, à Berlin d’abord, puis à Weimar, où on lui confie le renouveau culturel de la ville. Conseiller artistique du grand-duc Guillaume-Ernest de Saxe-Weimar-Eisenach, il s’occupe entre autres du centre d’archives Nietzsche, ayant toute la confiance d’Elisabeth Förster-Nietsche. En plus de son enseignement à l’Institut des Arts appliqués, le futur Bauhaus, il doit répondre à de multiples commandes privées : construction de villas, aménagements d’intérieurs. 

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Affiche publicitaire signée Van de Velde 

Vous verrez un des spectaculaires meubles avec lavabo qui s’alignaient dans le salon de coiffure de François Haby à Berlin, des affiches publicitaires et des boites pour les biscuits Tropon, des tissus, des reliures, et beaucoup de meubles, d’ensembles. Van de Velde, sans formation d’architecte au départ, était « plus intéressé à construire dix maisons qu’à faire une robe », témoigne son client et ami le comte Harry Kessler. 

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Henry van de Velde dans son atelier à l'Ecole des Arts décoratifs (Weimar), 1898
© Fonds Henry van de Velde - ENSAV, La Cambre, Bruxelles 

Le clou de l’exposition, à mi-parcours, c’est une table dressée pour dix personnes, où tout est signé van de Velde : porcelaine, verres, argenterie… On a même imaginé quelles illustres connaissances de l’artiste pourraient s’y asseoir, de Julius Meier-Graefe et Stephane Bing, qui l’ont lancé en Allemagne, à la sœur de Nietzsche, le socialiste Vandervelde dont il partageait les idées ou la reine Elisabeth de Belgique (favorable à son retour en Belgique après la première guerre). 

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Tour des livres à Gand

A Bruxelles, on lui confie la création d’un Institut Supérieur des Arts Décoratifs à l’abbaye de La Cambre ; son enseignement est abondamment illustré par des photos et des travaux d’élèves sous sa direction. C’est van de Velde qui réalise aussi la Tour des livres de l’Université de Gand, les aménagements du paquebot prince Baudouin, un bureau pour Léopold III, entre autres. On attend toujours la publication complète en français de ses mémoires, Récit de ma vie

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Timbre belge dédié à van de Velde (La Nouvelle Maison) en 2003

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Timbre anniversaire 2013 

L’avant-garde en Belgique (Les XX, La Libre Esthétique) a contribué à imposer l’art moderne en Europe. Le parcours personnel de van de Velde, d’un pays, d’un projet à l’autre, avec ses réussites et ses échecs, est développé dans un catalogue passionnant. Un cahier séparé reprend les 19 panneaux et les légendes de toutes les pièces exposées, à emporter sans doute pour une seconde visite plus confortable (les étiquettes sont parfois éloignées des objets ou placées très bas). Comptez plus de deux heures pour découvrir à l’aise cette belle rétrospective, visible jusqu’au 12 janvier prochain.

28/09/2013

En accéléré

« En l’espace de quatre-vingts ans, de 1923 à 2003, la Villa Noailles sera passée par tous les états possibles dans l’existence d’une maison : la construction, l’extension, l’effervescence, l’éclat, les malentendus, la guerre, les mondanités, le déclin, la vente, l’abandon, la ruine, la restauration, la réutilisation. (…) Aussi, avec l’avantage du raccourci et un peu comme un film en accéléré, la Villa Noailles offre un rare spectacle des aléas de la vie, et ouvre un champ d’interrogations qui intéressent l’architecture, l’art et la culture dans leur étrange rapport au temps et au monde. »

François Carrassan, Une petite maison dans le Midi in La Villa Noailles (l’yeuse, 2003) 

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To be contained. Aldo Bakker à Sèvres 

http://www.aldobakker.com/news

"Sèvres est entièrement dédiée à la porcelaine." "On peut lui donner presque toutes les formes qu'on souhaite, sans oublier les couleurs et les glaçures. Mais je ne veux pas que mes idées et mes formes soient sous le contrôle de la matière. Il faut laisser de la place à l'imagination."
(Design Parade 8, Hyères, 2013)

 

 


26/09/2013

A la Villa Noailles

Combien de fois, en passant par Hyères, avons-nous projeté de visiter la Villa Noailles ? Cette fois, nous avions l’adresse et la confirmation de l’ouverture l’après-midi, jusqu’à la fin de septembre. Sans en savoir grand-chose, sinon que son architecte, Rob. Mallet-Stevens, était belge, nous avons emprunté la Montée Noailles en haut de laquelle, première surprise, se dressent les murs d’enceinte d’un monastère disparu. C’est à l’emplacement du clos Saint-Bernard, un terrain sur les hauteurs offert par sa mère au comte Charles de Noailles pour son mariage avec Marie-Laure Bischoffsheim, en février 1923, que le jeune couple décide de faire construire « une petite maison intéressante à habiter ». 

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Passé l’enceinte, deux possibilités : à gauche, l’entrée du parc Saint-Bernard (les jardins en restanques, comme la maison, sont à présent domaine public et de libre accès) ; à droite, une rampe vers la Villa, dont on découvre d’abord le jardin en pointe, comme la proue d’un vaisseau, où les carrés plantés d’aloès alternent avec des rectangles d’émaux de couleurs. Il y manque « La joie de vivre », une sculpture de Lipchitz, qui tournait sur son socle.

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Le chemin d’entrée longe la façade du « château cubiste », comme on l’a appelé, et le regard est capté d’abord par le jardin qui lui fait face sur la gauche, pourvu de sièges baroques et colorés et de transats. Les larges baies dans le mur blanc qui le clôture s’ouvrent sur un paysage splendide, plein sud : la végétation, la vieille ville, au loin la mer et les îles d’Or.

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La villa initiale se voulait fonctionnelle avant tout. Le couple d’aristocrates amateurs d’art et de nouveauté s’est tourné vers un architecte d’intérieur décorateur aux conceptions d’avant-garde : « organiser une installation pratique, hygiénique, commode, où règne à profusion l’air et la lumière », tel est pour Mallet-Stevens le rôle de l’architecte moderne. Charles de Noailles veut que tout y soit fait « pour avoir le soleil » et refuse quoi que ce soit de « seulement architectural ». (Il fera détruire le belvédère conçu pour marquer verticalement l’axe central, il n’en reste qu’un escalier ne menant à rien.)

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Du hall d’entrée, on accède par quelques marches au « salon rose » ajouté après coup à l’arrière. Un défi, la pièce ne dispose d’aucune fenêtre. Mallet-Stevens y remédie grâce au vitrail du plafond, un agencement orthogonal de quatre sortes de verre cannelé. Dans le cadre de la huitième édition de « Design parade », festival international de design organisé dans la Villa Noailles centre d’art, on y expose des sièges de Marcel Breuer en tubes et cuir. Inspiré par le guidon de son nouveau vélo, ce « jeune maître » du Bauhaus dessine un mobilier tubulaire aux formes nouvelles. On y reconnaît des fauteuils devenus célèbres, bientôt imités en grande série.

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Un long couloir vers la droite mène à deux chambres d’amis au rez-de-jardin, chacune dotée d’un cabinet de toilette, comme toutes les autres (cinq au total, dans la première villa). Le mobilier d’origine manque, on y présente les plans de la maison, des photographies des lieux ainsi que des artistes célèbres qui y sont passés : Cocteau, ami d’enfance de la comtesse, Dali, Buñuel, Francis Poulenc, Braque, Giacometti... Mécènes très actifs, leurs hôtes soutenaient le cinéma, la littérature et l’art. Ils organisaient de nombreuses fêtes où se retrouvait toute l’avant-garde.

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Pour meubler leur intérieur, les Noailles se sont adressés à divers créateurs tantôt conseillés par l’architecte, tantôt repérés dans des Salons. Une horloge identique dans toutes les pièces donne la même heure grâce à un réglage centralisé : des aiguilles triangulaires et des chiffres (un cadran de Francis Jourdain) simplement apposés au mur. 

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De l’autre côté du hall, on accède à un salon de lecture puis à deux salles à manger séparées par des portes miroirs coulissantes. On y montre du mobilier design de l’entre-deux-guerres, comme cette belle lampe en spirale dont je n’ai pas noté l’auteur. Ce qui frappe, 90 ans plus tard, c’est la modernité, la simplicité dont font preuve ces précurseurs.

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Les Noailles aimaient le cinéma. Amusantes, ces images de Biceps et bijoux (Jacques Manuel, 1928, illustration ci-dessus), projetées dans une petite pièce près du hall, où l’on voit toute une bande en tenue rayée suivre un cours de gymnastique collectif sur le solarium près de la piscine. Ils ont permis à Cocteau de réaliser Le sang d’un poète. Après le tournage de Man Ray, Les mystères du Château du Dé (1929), Buñuel écrit en partie à la Villa Noailles le fameux Age d’or de 1930 : ce « film surréaliste parlant » produit par les Noailles provoquera un tel scandale qu’il sera interdit en France pendant un demi-siècle ! Et la réputation de ses mécènes en sera très affectée.

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A l’étage, également orientées au sud, la chambre de monsieur, agrémentée plus tard d’une chambre en plein air (on pouvait dormir dans cette petite pièce fermée par des vitres coulissantes). Dans la chambre de madame, des photos, de petites figures féminines de Giacometti, portraits de Marie-Laure de Noailles en pied ou en buste.

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Très vite, le couple manque d’espace pour recevoir, pour loger les domestiques. A la villa initiale s’ajouteront de 1925 à 1932 une annexe, des communs, la « petite villa » et puis une piscine, un gymnase, un squash. On ignore qui en sont les concepteurs, Mallet-Stevens n’intervenant que pour le « salon rose » en 1926. Au final, cela fera quelque 1800 mètres carrés habitables et 600 mètres carrés de terrasses.

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Bio Composite © Mugi Yamamoto, 2013 
http://www.mugiyamamoto.com/ 

Comme la plupart des espaces, actuellement (jusquau 29 septembre), les grandes salles voûtées donnant sur le « jardin cubiste », jadis utilisées pour les réceptions, abritent les œuvres des jeunes designers en concours. Mugi Yamamoto (suisse) présente ses différents essais pour aboutir à un matériau « bio-composite » écologique et recyclable à base de glaise locale (Lausanne) et d’éléments biodégradables, sans cuisson, le résultat final étant assez stable et résistant pour fabriquer des meubles à bon marché.

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Dyade, 2013 © Julie Richoz
 
http://www.julierichoz.ch/

C’est une Suissesse, Julie Richoz, qui a remporté l’édition précédente de « Design parade ». Elle signe un amusant dessin d’une table où plusieurs personnes occupent des chaises aux formes variées et accueillent la nouvelle venue par cette phrase : « Entre, dessine ta chaise et installe-toi ! » Il faut monter à l’étage de la piscine (la maison s’est agrandie sur le côté et par le haut, le long du terrain en pente) pour admirer quelques-unes de ses créations récentes, dont la plus géniale est sans doute cette lampe « Dyade » mobile, jouant sur le plein, le vide et le mouvement. 

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Avant de redescendre et d’aller vous promener dans le parc, arrêtez-vous un instant sur la grande terrasse solarium qui jouxte la piscine (aujourd’hui vide et recouverte de verre) pour rendre hommage au grand pin parasol qui lui fait face. Vous en verrez d’autres dans les jardins, mais d’ici, cette noble architecture naturelle complète magnifiquement le modernisme de la Villa Noailles.

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Dans un intéressant coffret de trois livrets édité par l’yeuse, La Villa Noailles (2003), François Carrassan donne un aperçu historique (illustré en noir et blanc) des étapes par lesquelles elle est passée : un bref âge d’or (1923-1933), un long déclin jusqu’à ce qu’elle soit achetée par la Ville d’Hyères, en 1973. Trente ans plus tard, sa restauration s’achevait grâce à la volonté de Léopold Ritondale : « C’est un autre paradoxe de l’aventure : quand le temps ne cessait d’aggraver la ruine, que tout était dans l’impasse, savoir que la Villa Noailles serait rendue à sa vérité perdue par le fils d’un jardinier du vicomte devenu maire de la Ville d’Hyères. » (François Carrassan, Une petite maison dans le Midi)

21/09/2013

Allégories

L'air d'Ostende, été 2013 / 8          

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Léo Copers, Têtes allégoriques, bronze, 1998


19/09/2013

Musée Ensor

L'air d'Ostende, été 2013 / 7          

Ostende musée ensor.jpg
http://www.visitoostende.be/fr/faire/maison-james-ensor/2...