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07/04/2018

Baudelairienne

Portraits (33).JPGJaime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D’où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m’inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d’accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent : " Si tu veux,
Amant de la muse plastique,

Suivre l’espoir qu’en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu’aux fesses ; 

Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d’un bonze,

Une riche toison qui, vraiment, est la sœur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t’égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, Nuit obscure !

Baudelaire, Les promesses d'un visage

© Charlotte Beaudry (1968-), Sans titre, Collection privée

Promesses d'un visage, Musées royaux des Beaux-Arts, jusqu'au 15 juillet 2018

 

Commentaires

Un beau poème "invitant" et sensuel que je ne connaissais pas...il illustre si bien le tableau un peu mystérieux.
Merci et joli weekend la belle.

Écrit par : colo | 07/04/2018

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Une belle démonstration du pouvoir d'évocation de la poésie... Pas besoin d'images !

Écrit par : Annie | 07/04/2018

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Baudelaire, inépuisable, sans jeu de mots !
Croisement réussi entre sensualité désir et réalisme

Écrit par : K | 07/04/2018

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Je ne connaissais pas ce poème moi non plus ; magnifique et très évocateur.

Écrit par : Aifelle | 08/04/2018

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@ Colo : Ce poème était affiché près de cette toile à la fin du parcours. Beau dimanche, Colo.

@ Annie : Très juste !

@ K : On retrouve Baudelaire çà et là dans cette exposition ; chez le poète, en tout cas, le titre tient ses promesses.

@ Aifelle : Un poème des "Galanteries", qui donne envie de replonger dans "Les fleurs du mal".

Écrit par : Tania | 08/04/2018

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Que c'est beau et bien mis en mots - et en musique sans doute. Une saine sensualité gourmande...

Écrit par : Edmée De Xhavée | 08/04/2018

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N'est-ce pas ? "des pensers / Qui ne sont pas du tout funèbres."

Écrit par : Tania | 08/04/2018

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Baudelaire inégalable.

Écrit par : Zoë Lucider | 08/04/2018

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Inégalable "amant de la muse plastique".

Écrit par : Tania | 08/04/2018

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Merci Tania, pour cette belle promenade printanière ! En effet, c'est la saison des fleurs jaunes et les premières jonquilles se sont ouvertes hier dans le jardin. Je vais regarder le Mahonia, que j'apprécie peu par ailleurs, avec attention ! C'est si passionnant d'observer ce genre de choses !

Écrit par : Annie | 09/04/2018

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Ton commentaire est pour la page suivante, peu importe. Tu as la chance d'avoir un jardin, j'imagine bien ton plaisir à y voir fleurir les jonquilles. Une amie m'en a offert dans une jardinière, des jonquilles naines entourées de jacinthes et de muscaris blancs, c'est ravissant.
Oui, une plante à laquelle on n'a jamais prêté beaucoup d'attention peut se révéler plus intéressante qu'on ne l'aurait cru, grâce à sa fleur.

Écrit par : Tania | 09/04/2018

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Chaud chaud le poème ;-)

Écrit par : Witchy | 19/04/2018

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Et d'un beau noir ;-)

Écrit par : Tania | 20/04/2018

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