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06/01/2018

Vrille

clostermann,pierre,le grand cirque,récit,1948,deuxième guerre mondiale,aviation,r.a.f.,combats aériens,angleterre,france,belgique,allemagne,histoire,témoignage,pilote de chasse,armée,culture,devoir de mémoire« Toujours derrière mon Boche, j’arrive dans un effroyable barrage de 40 mm. et de mitrailleuses lourdes... Je vois distinctement les deux bombes se détacher de l’Arado – l’une d’elles ricoche par-dessus le pont et l’autre percute dans le tablier. Je passe quarante mètres à gauche du point d’impact, au moment où elle explose. Mon avion est enlevé comme un fétu de paille, et à moitié retourné par la déflagration... D’instinct, je réduis les gaz, et je tire sur le manche. Mon Tempest remonte comme une balle de revolver à 3.000 mètres, et je me retrouve suant de peur et d’angoisse en pleins nuages, sur le dos. Une violente vibration : mon moteur coupe, je reçois sur la figure une pluie de terre, de ferraille, d’huile, et après une abatée* violente comme un coup de faux, je tombe en vrille. La vrille du Tempest est la chose la plus dangereuse qui existe – un tour, – deux tours et on est comme une loque, ballotté à toute volée, malgré les bretelles du harnais, contre les parois du cockpit.
Complètement affolé, j’arrache la poignée de largage du « hood » – qui me reste dans la main – j’essaye de me dresser sur mon siège pour sauter en parachute en oubliant de me détacher – je ne parviens qu’à me cogner atrocement la tête...
Je sors du nuage en vrille – la terre est là, à moins de mille mètres. Je pousse à fond sur le manche tout en ouvrant plein gaz. Le moteur tousse et reprend d’un seul coup, à en arracher le bâti du fuselage. La vrille se transforme en spirale ; je tâte doucement ma profondeur qui accroche – les champs arrivent cependant vite dans mon pare-brise...
Je rétablis à moins de cinquante mètres.
J’ai eu chaud. Je relève mon casque, et je sens mes cheveux trempés de sueur. »

Pierre Clostermann, Le Grand Cirque

*Abat(t)ée : Chute en piqué à la suite d’une perte de vitesse qui rompt l’équilibre horizontal de l’avion (TLF)
 Couverture de la réédition en 2008

Commentaires

le frère aîné d'une amie de ma mère était pilote de guerre à la RAF, malheureusement il est mort en mission

Écrit par : Adrienne | 06/01/2018

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C'est ce qui est terrifiant dans ce récit : chaque mission est une question de vie ou de mort - quels nerfs il faut. L'amie de ta mère a peut-être lu Clostermann ou évité de le lire, je ne sais.

Écrit par : Tania | 06/01/2018

Bien raconté ! On le vit avec lui !

Écrit par : claudialucia ma librairie | 07/01/2018

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Bien raconté ! On le vit avec lui !

Écrit par : claudialucia ma librairie | 07/01/2018

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Je pense que toute ancienne fiancée d'un pilote de chasse aura dû avoir des frayeurs rétrospectives.

Cela va peut-être paraître étrange comme référence, mais mon fils m'a un jour fait regardeer un dessin animé de hayao Miyazaki, Porco Rosso, qui se passe chez les pilotes d'hydravion.

Il y a dedans une séquence à couper le souffle - quand Marco, alias Porco Rosso, raconte à sa jeune coéquipière un souvenir de la guerre 14-18. Et une autre séquence, elle, très romantique. En définitive, et contre toute attente, j'ai beaucoup aimé ce dessin animé-là.

Écrit par : Pivoine | 07/01/2018

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J'ai aussi été amenée à regarder la véritabe histoire du Memphis Belle, ce qui m'a instruite dans la question des B17... Dont il y avait un morceau au musée de l'air (et un Spitfire aussi je pense), mais régionalisation oblige, je crois que des pièces sont déjà parties à Koksijde................

Écrit par : Pivoine | 07/01/2018

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Un récit bien particulier qui attire et attise ma curiosité!

Écrit par : alezandro | 07/01/2018

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@ Claudialucia : N'est-ce pas ?

@ Pivoine : J'en parlais aujourd'hui avec maman à qui j'ai fait lire ce billet et qui m'a raconté tout ce que cela lui rappelait, notamment le premier accident dont elle a été témoin lors d'exercices à Coxyde et qui a coûté la vie à un camarade de mon père.
Je ne connais pas ce dessin animé, je vais me renseigner. Les séquences à couper le souffle sont nombreuses dans "Le grand cirque" ! Il y a longtemps que j'ai visité le musée de l'air au Cinquantenaire, il me semblait qu'il y était maintenu finalement, mais je n'ai pas suivi cette affaire de très près.

@ Alezandro : Un récit qui vaut la peine si tu t'intéresses à cette époque et à l'aviation militaire.

Écrit par : Tania | 07/01/2018

Je crois que les régionalisations et les musées, cela ne fait pas beaucoup de bruit (même quand il s'agit d'avions). Je devrais quand même vérifier. Je ne sais plus quand a eu lieu un terrible accident lors d'un meeting, si c'est à Ostende... Je crois. Nous étions allés à un meeting en Flandre, et à celui de Coxyde... Dans les années 90.

Écrit par : Pivoine | 07/01/2018

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J'ajoute le site du Musée de l'air pour info, en découvrant qu'il n'est disponible qu'en anglais pour l'instant ! http://airmuseum.be/en/index.php

Écrit par : Tania | 08/01/2018

Quel récit en effet, qui fait écho au goût pour l'adrénaline évoquée par de jeunes soldats allemands, dans le livre dont je t'ai parlé précédemment. Bonne soirée, Tania.

Écrit par : Annie | 09/01/2018

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Pierre Clostermann rend hommage, dans son livre, à un as de la Luftwaffe, Walter Nowotny - "curieuse solidarité entre les chasseurs, au-dessus de toutes les tragédies et de tous les préjugés".

Écrit par : Tania | 09/01/2018

C'était quand même autre chose que le pilotage «informatique» d'un F16...
Les passionnés d'hélices appelle les avions – avec mépris – à réaction "lampes à souder".

Écrit par : christw | 11/01/2018

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Tout autre chose, oui, l'expression est parlante !

Écrit par : Tania | 11/01/2018

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