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23/12/2017

Perdue

ferrante,elena,poupée volée,roman,littérature italienne,maternité,vie de femme,culture« Qu’est-ce que j’avais fait de si terrible, au fond ? C’est vrai, j’avais été, quelques années auparavant, une jeune femme perdue. Les espoirs de la jeunesse semblaient déjà tous partis en fumée, j’avais l’impression d’être précipitée vers ma mère, ma grand-mère et la série de femmes muettes et rageuses dont j’étais issue. Les occasions manquées. Mes ambitions étaient encore vives et elles étaient entretenues par mon corps jeune et mon imagination qui accumulait projet sur projet : mais je sentais que ma ferveur créatrice était de plus en plus coupée de la réalité des manigances universitaires et des éventuelles opportunités de carrière. J’étais recluse dans ma propre tête, sans possibilité d’être mise à l’épreuve, et j’étais exaspérée. »

Elena Ferrante, Poupée volée

Commentaires

"Etre recluse dans sa propre tête", impression terrible, dont il faut finir par sortir, sous peine d'imploser !

Écrit par : Aifelle | 23/12/2017

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Quel beau passage et quelle capacité de résonnance!

Écrit par : Witchy | 23/12/2017

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@ Aifelle : Oui, Leda, la narratrice de "Poupée volée", n'est pas en paix avec elle-même, tu l'auras compris.

@ Witchy : Un roman à découvrir, cet extrait en donne bien le ton.

Écrit par : Tania | 23/12/2017

En cette fin d'année, ce passage résonne, au moment des bilans.
Tu me donnes l'envie de lire Elena Ferrante.
Belle fin d'année, Tania.

Écrit par : Maïté/ Aliénor | 23/12/2017

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Tant mieux, Maïté, si je te fais lire cette romancière un jour. Le billet de lundi sera davantage de saison.

Écrit par : Tania | 23/12/2017

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