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16/10/2017

Le mauvais rôle

Jean-Baptiste Baronian commence Le mauvais rôle à la manière d’un polar : convoqué à la direction des ressources humaines, au dernier étage d’un immeuble bruxellois, Alex Stevens, 45 ans, fonctionnaire au ministère de la Culture, se retrouve en face de Sébastien Delage, qu’il a connu à la faculté de droit, pour un interrogatoire inattendu. Le type au regard fuyant – l’avait-il déjà à cette époque ? – lui montre une photo de lui au restaurant en compagnie de Bénédicte Bracke, directrice des Bibliothèques publiques. Elle a disparu.

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Alex n’a plus de nouvelles de Bénédicte depuis leur récente rupture, et il n’a aucune envie de parler de sa vie privée avec Delage dont l’attitude, la curiosité lui déplaisent. En lui-même, il enrage. Que Bénédicte n’ait plus donné signe de vie depuis une semaine n’est pas son affaire ; qu’elle soit une agente de la CIA, comme le prétend l’autre, lui paraît hautement fantaisiste.

Dans un café portugais, où il est entré pour digérer la nouvelle, il rumine tristement ses idées noires depuis qu’elle lui a annoncé vouloir se ranger, se marier avec un autre : « Vingt et un jours de dépit, de regret et de solitude », de « lente et inexorable décomposition ». La sœur, le père de Bénédicte sont-ils au courant de sa disparition ? Il se rend chez Léopold Bracke, qui avait essayé de lui vendre un jour de faux couverts art nouveau de Henry van de Velde, mais personne ne répond à son coup de sonnette.

C’est alors que surgissent deux hommes, un gros et un maigre, qui l’obligent à les suivre et l’embarquent dans une Mercédès, le conduisent de l’autre côté du canal, à Vilvorde, jusqu’à un sinistre bâtiment à moitié en ruines. Dans une espèce de cage de verre tout équipée, ils l’interrogent sur les raisons qui l’ont amené à contacter Léopold Bracke, puis sur son rendez-vous avec Sébastien Delage – Alex ne comprend rien à cet histoire de fous ou d’espions. Autant leur mentir : il déclare qu’il vient d’être licencié.

La « stratégie du mensonge » va entraîner Alex Stevens dans une succession de péripéties ou plutôt un engrenage de situations compliquées, jusque dans son propre appartement. Il se sent surveillé, ne sait pas pourquoi, et sa crise personnelle depuis que Bénédicte l’a quitté prend rapidement l’allure d’un effondrement général.

L’auteur du Dictionnaire amoureux de la Belgique, dans ce court roman d’une bonne centaine de pages, nous balade à travers Bruxelles, ses bureaux, ses cafés, ses rues, à la suite de son héros en perdition. L’intrigue, vaguement policière au début, genre série B, convoque tour à tour l’improbable et l’étrange, et l’on pressent, plus on y avance, que Baronian nous a embarqués, nous aussi, dans un train fou. Freinera-t-il ou ira-t-il jusqu’au déraillement ?

Commentaires

Ton résumé m'intrigue beaucoup. Qu'advient-il de tous ces personnages ? L'as-tu aimé ce roman ?

Écrit par : Aifelle | 16/10/2017

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je note, cela m'intrigue

Écrit par : niki | 16/10/2017

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@ Aifelle : Ha ha, je n'en dirai pas plus. L'histoire m'a intriguée, le style laissée sur ma faim.

@ Niki : Un petit roman qui dérape tout du long, tu verras.

Écrit par : Tania | 16/10/2017

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je n'ai lu qu'un seul livre de Baronian et je m'étais amusé mais je n'ai jamais rien tenté de plus

Écrit par : Dominique | 17/10/2017

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Celui-ci m'a divertie, sans plus.

Écrit par : Tania | 17/10/2017

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Un livre divertissant est souvent le bienvenu!

Écrit par : colo | 17/10/2017

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C'est vrai, mais la petite musique du style m'a manqué dans ce cas-ci.

Écrit par : Tania | 17/10/2017

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C'est vrai qu'une lecture un tantinet jubilatoire fait toujours du bien, là, le divertissement semble au rendez-vous, merci Tania. Belle soirée à toi, bises. brigitte

Écrit par : Plumes d Anges | 17/10/2017

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ah un divertissement bruxellois, ça me dit :-)

Écrit par : Adrienne | 18/10/2017

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@ Plumes d'Anges : "Jubilatoire" est excessif, je dirais plutôt intrigant.

@ Adrienne : C'est ce qui m'a poussée à le lire.

Écrit par : Tania | 18/10/2017

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J'aime beaucoup les romans qui se déroulent dans des lieux familiers (je pense à Simenon pour Liège). Vous devez avoir éprouvé cela ?

Écrit par : Christw | 27/10/2017

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Oui, bien sûr. Pour Simenon, je me souviens de "Pedigree" qui vous parle sans doute particulièrement.

Écrit par : Tania | 27/10/2017

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