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22/11/2016

L'attente

djavadi,négar,désorientale,roman,littérature française,iran,france,culture« Nos sociétés organisent habilement l’attente. Des gens font la queue des nuits entières pour le dernier modèle d’un ordinateur, des tickets de concert, des jeux vidéo, des articles soldés. Nous attendons le premier du mois devant les guichets de la RATP. Nous attendons devant les universités, à la caisse du supermarché, au téléphone, dans n’importe quelle administration. Au sud de la Méditerranée, devant les ambassades occidentales, les queues s’allongent dès le matin pour un visa. Ailleurs, c’est la pénurie ou la guerre qui fait son travail. L’attente est un phénomène progressif et sournois, une activité en soi. Et pendant que nous attendons, par nécessité, besoin, désir ou mimétisme, nous ne nous révoltons pas. La ruse consiste à détruire chez les individus leur énergie, leur capacité à réfléchir, à s’opposer. Les réduire à des objectifs instantanés, aussi fugaces qu’une jouissance. Quand je dis ce genre de choses, mes sœurs poussent un soupir agacé. « Tu exagères ! » Elles appuient sur le « x » comme sur une pédale de frein censée couper court à mon délire. Elles préfèrent que nous parlions le moins possible de société et de politique, que nous nous en tenions aux histoires de famille, aux études et activités culturelles des enfants. Mes parents ont épuisé leurs quotas de tolérance quant à ces sujets. »

Négar Djavadi, Désorientale

Commentaires

Et la diversion...

Écrit par : K | 22/11/2016

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chez nous aussi, la part de vie accordée aux attentes me semble très importante (surtout pour ceux qui, comme moi, arrivent toujours en avance ;-))

Écrit par : Adrienne | 23/11/2016

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Saine réflexion ... A un festival ce week-end, j'ai attendu une heure pour chaque débat, soit quatre heures sur le week-end, captive, debout. Ça me fait bouillir et ça peut me dissuader d'y retourner !

Écrit par : Aifelle | 23/11/2016

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@ K : Aussi.

@ Adrienne : Je me souviens d'une amie qui attendait devant chez moi dans sa voiture, pour ne pas déranger avant l'heure.

@ Aifelle : Oh, c'est râlant, ça - le quart d'heure académique me paraît largement suffisant !

Écrit par : Tania | 23/11/2016

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Pauvre Aifelle, je compatis. Au festival America c'était mieux géré (sauf pour un seul débat, pas de la faute de l'organisation parait-il, et j'ai abandonné!)
Quant aux attentes et autres 1/4 d'heures, j'ai l'arme absolue : le livre!!! (bon, certains ont le smartphone, mais c'est l'idée générale...).
Si on parle des attentes pour un spectacle (je ne parle bien sûr pas des guichets, là on ne peut pas trop agir), ma foi, je crois que si on démarre à l'heure, les retardataires systématiques ne se feront pas avoir deux fois. Bien sûr tout le monde peut subir un alea dans le transport, OK. Mais à l'opéra par exemple il y a des règles, et si tu es en retard, tu ne vas pas à ta place, mais sur une autre moins bien placée où tu attendras l'entracte... Et quand tu râles et que le chef d'orchestre déjà là se retourne et que la salle entière est là, ça calme je suppose! ^_^

Écrit par : keisha | 23/11/2016

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Oui, Keisha, c'est si précieux d'avoir de la lecture avec soi. Je suis d'accord avec toi sur le respect des horaires, par égard pour le public.
A Bruxelles, des gens sont allés se plaindre au Conseil d'Etat des sanctions prévues pour les élèves retardataires dans une école, mais ils ont perdu : http://www.lalibre.be/regions/bruxelles/oui-les-ecoles-ont-le-droit-d-exclure-les-eleves-retardataires-582bebcdcd70735194a27398

Écrit par : Tania | 23/11/2016

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le sujet semble intéressant :)

Écrit par : niki | 23/11/2016

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Ce roman touche à beaucoup de sujets, comme tu vois.

Écrit par : Tania | 23/11/2016

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Keisha a la bonne réaction face à ce « mal du siècle ». --- La vie est trop courte pour la gaspiller, aussi faut-il s’adapter à cette nouvelle donne. --- On peut utiliser ces temps « morts » à la lecture (dans l’inconfort souvent) pour lire. --- Je suggère d’utiliser la tablette Kindle confortable dans n’importe quelles conditions, avec procédé breveté d’éclairage et d’impression dimensionnel. --- Elle permet de se constituer une énorme bibliothèque, avec en plus la possibilité d’y intégrer ses propres travaux et écrits. ---
Merci à Tania, pour son lien ; je cherche à l’utiliser, ce qui n’est pas commode ! ---

Écrit par : doulidelle | 23/11/2016

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Oui pourquoi ne nous révoltons-nous pas lors d'attentes prolongées?
L'attente, au lieu de nous énerver, nous met-elle les nerfs à plat? Étrange...

Écrit par : Colo | 23/11/2016

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@ Doulidelle : La liseuse est vraiment l'outil de lecture qu'il te fallait.

@ Colo : A la poste près de chez moi, on tire un numéro de passage ; certains sortent une fois leur numéro en poche en évaluant le temps d'attente et parfois ne reviennent pas. L'attente permet aussi d'observer ses semblables, plus rarement d'échanger quelques mots (contrairement à la pratique iranienne, d'après la romancière).

Écrit par : Tania | 23/11/2016

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Oui, l'observation des semblables (hier j'ai échangé un regard complice avec une dame qui avait repéré la jeune femme qui parlait toute seule dans le vide, en fait elle avait ses écouteurs et discutait avec quelqu'un -mais bon, le public ne demandait pas à l'entendre forcément). Il m'arrive aussi de papoter (oui , je suis bavarde, ah bon? ^_^)

Écrit par : keisha | 25/11/2016

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C'est fréquent dans les transports en commun, je vois la scène ! Bonne journée, Keisha.

Écrit par : Tania | 25/11/2016

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Tellement juste, rien à ajouter.

Écrit par : Armelle | 25/11/2016

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À l'heure de l'informatique sensée accélérer tout, les files s'allongent partout. Ce serait pire sans elle, peut-être.

Écrit par : christw | 01/12/2016

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@ Armelle : N'est-ce pas ?

@ Christw : Idem pour les contacts téléphoniques, avec leurs musiquettes d'attente ou leurs numéros à taper qui ne mènent parfois nulle part !
(Dernière trouvaille dont j'ai fait l'expérience : en appelant un numéro de mutuelle en Flandre, je suis automatiquement renvoyée dans la région bruxelloise, à cause du préfixe de mon numéro d'appel.)

Écrit par : Tania | 01/12/2016

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