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16/01/2016

Un autre changement

brisac,geneviève,dans les yeux des autres,roman,littérature française,soeurs,famille,amour,amitié,engagement,écriture,culture« Nous croyions à un autre changement, je me souviens des courbes de la croissance que dessinait mon père sur la table du dîner avec son doigt, une croissance liée au progrès, le progrès scientifique et social, l’école pour tous, le baccalauréat pour tous, l’éducation des filles, des crèches partout, la fin des cous cravatés et des costumes trois-pièces enserrant des corps imprononçables, l’avènement de la liberté, une salle de bains dans chaque appartement, des vacances au soleil, le ski démocratique, des tongs pour l’été, des gibecières grecques, des kilims pour tout le monde, le progrès et la fraternité, les trains à grande vitesse, on voyait bien les signes, on les interprétait mal. A la place, la laideur pour tous, la consommation de la laideur pour tous, le spectacle de la laideur, des gadgets déments pour presque tous, la pauvreté comme non-dit, l’école en crise pour tous, le tourisme de masse, le tourisme de masse, le tourisme de masse, l’alpha et l’oméga de nos vies asphyxiées et malades. Il faudrait partir. (Boris)

Nous ne partirons jamais, dit Molly. Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Ces généralités. Du carton dans la bouche. »

Geneviève Brisac, Dans les yeux des autres

Commentaires

Quel échange interpellant ! …. Le confort, la facilité, les voyages inutiles, les jeux, le sexe. … le temps est saturé par eux. … « A la place, la laideur ». .. Constat qui fait réfléchir à l’héritage « creux » que nous laisserons à nos descendants !!!

Écrit par : doulidelle | 16/01/2016

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J'ajouterais, hélas, la destruction de la nature et les diverses genres de pollutions.'
Des généralités? oh que non, mais pouvait-on le savoir à l’époque?

Écrit par : Colo | 16/01/2016

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je suis d'accord avec tout ça (malheureusement).
Le seul truc que je ne comprends pas, ce sont les gibecières grecques... c'est quoi, ça?

Écrit par : Adrienne | 16/01/2016

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@ Doulidelle : Personnellement, ce qui me désole le plus, c'est "l'école en crise pour tous".

@ Colo : En effet, on pourrait allonger la liste... Et y opposer d'autres choses, comme les formidables facilités de communication, les échanges féconds dans la blogosphère par exemple.

@ Adrienne : Luttons contre la laideur ! Les gibecières : tu te souviens de ces sacs en tissu ornés de motifs grecs des années 60-70 ? J'en ai eu un, toi aussi ? Une photo ici : http://i.ebayimg.com/00/s/MTYwMFgxMjAw/z/kfEAAOSwrklVMTSf/$_35.JPG

Écrit par : Tania | 16/01/2016

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OMG! oui, la mienne était écru à motifs noirs :-) mais je ne savais pas que ça s'appelait une gibecière!

Écrit par : Adrienne | 19/01/2016

Moi non plus, mais il me semble me souvenir que certains sacs du genre avaient un rabat, comme une gibecière.

Écrit par : Tania | 20/01/2016

Extrait trop juste hélas .. ceci dit, il me donne envie encore plus de plonger dans ce livre. Je me sens moins seule en lisant ce genre de propos et c'est stimulant pour continuer à résister à ce mouvement général.

Écrit par : Aifelle | 17/01/2016

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En Anna, une des voix de Geneviève Brisac ici, vit une Antigone mal à l'aise dans le monde d'aujourd'hui. Bonne lecture, je suis curieuse de te lire un jour à propos de ce roman. Bon dimanche, Aifelle.

Écrit par : Tania | 17/01/2016

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C'est vrai que l'on a cru possible tout cela et que l'on a échoué dans bien des choses.
Par contre je ne partage pas ce mépris pour le tourisme de masse; certes il présente bien des désagréments et est souvent déplaisant ; et c'est vrai que l'on préfèrerait se retrouver seul dans un beau site ou un musée! Mais ce n'était pas mieux jadis quand seuls les riches pouvaient voyager. Enfin si c'était mieux pour eux mais pas pour les classes moyennes!

Écrit par : claudialucia | 18/01/2016

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Je pense que ce n'est pas du tout cette époque de privilèges dont Brisac aurait la nostalgie, mais qu'elle vise ici une société de consommation à outrance, le tourisme qui méprise l'habitant, pollue, impose ses modèles au lieu d'aller à la découverte et à la rencontre de l'autre.

Écrit par : Tania | 19/01/2016

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