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21/02/2015

Les enfants

Otsuka 10 18.jpg« Nous les déposions doucement dans des fossés, des sillons, dans des paniers d’osier sous les arbres. Nous les laissions tout nus sur des couvertures, par-dessus des nattes de paille tressée, à la lisière des champs. Nous les installions dans des cageots de pommes vides et les prenions dans nos bras chaque fois que nous finissions de biner une rangée de haricots. En grandissant ils sont devenus plus turbulents, et parfois nous les attachions sur leur chaise. Au cœur de l’hiver nous les accrochions sur notre dos à Redding pour aller tailler les vignes, mais certains matins il faisait si froid que leurs oreilles gelaient et saignaient. »

Julie Otsuka, Certaines n’avaient jamais vu la mer

Commentaires

Cet article a fait tilt pour plusieurs raisons:
- d'abord le titre du livre: pour mon attachement à la mer; parce que je n'imagine pas de ne pas la connaître;parce que je pense à "Celui qui n'avait jamais vu la mer" de Le Clézio, un de mes livres préférés...mais toute ressemblance s'arrête, je l'imagine, aux mots du titre.
-ensuite parce qu'ayant vécu une enfance à la campagne, je retrouve une certaine similitude dans l'attitude des adultes dans la façon de s'occuper des enfants, pour nous au cours du siècle précédent...mais bien sûr sans aller jusqu'à être déposée dans un fossé, ni être laissée nue sous les couvertures, ni avoir eu les oreilles qui gelaient...
-encore que... en ce qui concerne mon grand-père maternel à la fin du XIXème siècle, élevé, vu sa petite taille dans une boîte de sucre... Il a sans doute connu la lisière des travaux dans les champs!
Pour moi, il y avait un progrès: j'étais "laissée" à la maison jusqu'à ce que j'aie eu de bonnes jambes pour suivre: eh eh!
Une auteure à découvrir, sans doute.Merci.

Écrit par : Maïté/Aliénor | 21/02/2015

j'ai trouvé ce livre poignant, à plusieurs égards, et je reconnais cet extrait dès les premiers mots...
oui, c'est sûr, je le recommande vivement, moi aussi!

Écrit par : Adrienne | 21/02/2015

Un extrait qui montre la dureté de leur vie et la nécessité de travailleur dur, coûte que coûte.

Écrit par : Aifelle | 21/02/2015

J'ai lu ce livre à sa parution. Je l'ai beaucoup beaucoup aimé.

Écrit par : Bonheur du Jour | 21/02/2015

@ Maïté/Aliénor : Je n'ai plus lu Le Clézio depuis un bon bout de temps, merci pour ce titre, une nouvelle à redécouvrir.
Un grand-père bébé dans une boîte de sucre ! Je comprends comme cet extrait a pu te parler, Maïté, merci de partager ces réalités, ces souvenirs pas si lointains.

@ Adrienne : Un récit qui fait l'unanimité, il me semble.

@ Aifelle : C'est cela, et les enfants n'avaient qu'à suivre, comme le raconte Maïté.

@ Bonheur du jour : Oui, impossible de rester indifférente au sort de ces femmes.

Écrit par : Tania | 21/02/2015

Il n'y a pas si longtemps, les enfants étaient emmenés dans les champs ou suspendus au dessus des portes pour ne pas risquer de se faire attaquer par les rats. La modernité a quelques avantages quand même.

Écrit par : Zoë Lucider | 21/02/2015

@ Zoë Lucider : On n'imagine plus d'attacher ainsi les enfants, une autre époque, en Occident du moins.

Écrit par : Tania | 22/02/2015

J'ai adoré ce livre. De quoi rester songeur(se) quand on compare à nos existences.

Écrit par : santoline | 22/02/2015

@ Santoline : Bienvenue, Santoline. Oui, apprécions-nous assez tout ce qui nous semble "normal" ?

Écrit par : Tania | 22/02/2015

C'est là le récit d'une vie certainement rocailleuse, simple mais âpre. On a tout de suite envie de suivre le phrasé lumineux et intime. Il suffit de quelques phrases pour faire apparaître tout un monde.

Écrit par : Armelle B. | 23/02/2015

@ Armelle B. : Le "phrasé", merci pour ce mot juste, Armelle.

Écrit par : Tania | 23/02/2015

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