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05/07/2014

Je me haïssais

Irving A moi seul Folio.jpg« Je me haïssais de chialer comme ça, mais je ne me maîtrisais plus. Le Dr Harlow nous avait dit que, chez les garçons, les torrents de larmes dénotaient une tendance homosexuelle à proscrire absolument. Inutile de préciser que cet abruti s’était bien gardé de nous expliquer comment ! En outre, j’avais entendu ma mère dire à Muriel : « Honnêtement, je ne sais plus quoi faire quand Billy se met à pleurer comme une fille ! »
Et voilà que je pleurais comme une fille entre les bras musclés de Miss Frost – après lui avoir avoué que j’avais pour elle un béguin plus fort que pour Jacques Kittredge. Elle allait me prendre pour une sacrée chochotte !
– Mon cher enfant, tu ne me connais pas. Tu ne sais pas qui je suis… Tu ne sais
rien de moi, n’est-ce pas ? William ? N’est-ce pas ?
– Je ne sais pas
quoi ? bafouillai-je. Je ne connais pas votre prénom, admis-je à travers mes sanglots. »

John Irving, A moi seul bien des personnages

Commentaires

Auteur en quête de personnages?

Écrit par : la bacchante | 05/07/2014

Il fallait oser l'inversion !

Écrit par : Tania | 05/07/2014

ahlala! l'éducation !
(encore aujourd'hui, trop souvent, un garçon se fait traiter de "mietje" s'il pleure)

Écrit par : Adrienne | 06/07/2014

Je crois que c'est Jacques Brel qui disait qu'un homme doit pouvoir pleurer sans honte. Pleurnicher, c'est autre choses...

Chochotte est la traduction de 'sissy' anglais (américain): dans les deux langues le mot a une consonance comique, cette répétition des syllabes.

Écrit par : christw | 06/07/2014

@ Adrienne : On ne dit jamais comment c'est de "pleurer comme un garçon". Bon dimanche, Adrienne.

@ Christw : Merci pour la traduction, je l'ignorais, si si. Il y a un plaisir enfantin (parfois une cruauté enfantine ?) à dire ces mots à syllabe répétée : gnangnan, chouchou, plan-plan...

Écrit par : Tania | 06/07/2014

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