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09/03/2013

Pays d'en haut

Alors c’est un pays d’en haut

tout aux oiseaux,

où chantent fête :

merles, pies, verdiers, étourneaux,

et passereaux, et loriots,

tous les oiseaux

 

montant au ciel leur voix de tête

et jusqu’au faîte :

ramiers, vanneaux,

émouchets, corneilles, corbeaux,

et plus haut encor alouettes,

mauves, mouettes.

 

Laeken printemps (11).JPG

 

Or c’est le doux concert des bêtes

au ciel, à l’eau,

disant son los,

en la joie toute bonne d’être

de la vie pour ne la connaître

que tout en beau

et tout d’en haut ;

 

et c’est alors un pays d’ailes

aux hirondelles,

Flandre des tours

et de naïf et bon séjour ;

et c’est alors un pays d’ailes

et tout d’amour.


Max Elskamp, Enluminures, IV

(Oeuvres complètes, Seghers, 1967)


Commentaires

J'ai devant devant mon PC l'affiche du "bonheur est dans le pré"qui me permet de temps à autre de prendre de la hauteur avec tous ces oiseaux "L-és". Une aile delta parmi les hirondelles, les alouettes, les merles et les oies cendrées, que demander de mieux?
Je viens de découvrir que les "émouchets" sont des petits faucons et les "mauves" des sternes mais aussi que "los" veut dire louanges
Joli poème doux et naïf qui mérite bien toutes ces "enluminures".
Bon week-end tendre et léger Tania

Écrit par : gérard | 09/03/2013

hommage à Max Elskamp avec la complicité de Paolo Conte :
http://www.youtube.com/watch?v=9EKwHzVL77U

Écrit par : JEA | 09/03/2013

faudrait que je me plonge un peu dans cet auteur... je le connais très mal
merci Tania!

Écrit par : Adrienne | 09/03/2013

@ Gérard : Alors vous êtes aussi du pays d'en haut, Gérard, en belle compagnie. Heureuse que vous soyez sensible aux vers de Max Elskamp. Très bon week-end à vous.

@ JEA : Merci pour l'un et pour l'autre, bonne après-midi - en musique ?

@ Adrienne : Chaque fois que j'ouvre ce volume de ses Oeuvres complètes, je m'émerveille. A bientôt, Adrienne.

Écrit par : Tania | 09/03/2013

J'ai déjà noté ce nom de poète ici il faut que je fouille la bibliothèque pour voir si il y est présent
C'est un poème pour Christw qui sait si bien les photographier

Écrit par : Dominique | 09/03/2013

Un pays d'ailes et tout d'amour....mmmmmmm, que c'est doux.
Merci, beau weekend!

Écrit par : colo | 09/03/2013

@ Dominique : J'espère que tu le trouveras, à la bibliothèque ou en réédition.
Pour qui voudrait voir les oiseaux, voici le chemin de Billebaude : http://www.chrwery.com/gallery_439914.html

@ Colo : Où se cachent les oiseaux quand il neige ou neigeote comme ce matin ?
Bon dimanche, Colo.

Écrit par : Tania | 10/03/2013

Un beau voyage à tire d'aile ...

Écrit par : sable du temps | 10/03/2013

Merci pour ton passage, Sable - ton dernier billet est extra.

Écrit par : Tania | 10/03/2013

merci Tania.
J'ai lu ton billet sur " Stabat Mater " et ... je viens de le commander ! Grâce à toi !
Bonne soirée.

Écrit par : sable du temps | 10/03/2013

Un hymne aux oiseaux !
C'est le genre de poème que l'on a aussitôt envie de mettre en chanson, je trouve.
Je ne connaissais pas ce poète mais je retiens le nom. C'est tout frais, tout gai, tout léger, tout printanier. Merci Tania !

Écrit par : Euterpe | 11/03/2013

@ Sable du temps : Je te souhaite une bonne lecture, bonne soirée à toi.

@ Euterpe : C'est vrai ! D'ailleurs Elskamp a déjà inspiré des chanteurs, comme Julos Beaucarne avec "Le jardinier" sur son disque "Les poètes belges", à écouter sur http://www.music-story.com/julos-beaucarne/poetes-chansons-les-poetes-belges

Écrit par : Tania | 11/03/2013

Merci pour ce poème, si touchant dans sa simplicité, et qui m'a rappelé les vers de Charles d'Orléans ("L'hiver a jeté son manteau.."). Je connaissais déjà Max Elscamp, mais je vais aller voir ses avatars, à tire d'aile ;-) .

Écrit par : Cuauhtli | 13/03/2013

Elskamp, pardon ! ;-)

Écrit par : Cuauhtli | 13/03/2013

Merci de me rappeler ce beau rondeau, je viens de le relire et l'ajoute ici :

"Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Pour se vêtir de broderie
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau
Qui en son jargon ne chante ou crie :
« Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie ! »

Rivière, fontaine et ruisseau,
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie ;
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau."

Charles d'Orléans

(Source : http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2012/10/charles-dorl%C3%A9ans-prince-po%C3%A8te-lun-des-derniers-trouv%C3%A8res.html )

Écrit par : Tania | 13/03/2013

Bonjour Tania. Décidément, la mémoire est trompeuse: j'étais persuadée qu'il s'agissait de "l'hiver". Autant pour moi..;-)

En revanche, dans toutes les transcriptions, j'ai toujours été perplexe devant le second vers de la seconde strophe (= 9 syllabes) et celui de la dernière strophe(= 7 syllabes) de ce rondeau: même en tenant compte d'une éventuelle prononciation archaïque (?), il est impossible d'en faire des octosyllabes. Je ne peux pas croire que Charles d'Orléans, si pointilleux par ailleurs (tous ses autres vers sont impeccables) ait fait des erreurs de métrique aussi grossières, et je me demande si le texte d'origine nous est bien parvenu. Qu'en pensez-vous?

Écrit par : Cuauhtli | 13/03/2013

Sans doute le vers 6 s'écrivait-il à l'origine, en moyen français, "Qu'en son jargon...". J'en ai trouvé confirmation en ligne, et aussi une indication de prononciation du "e muet" de "livrée" au vers 10 : c'est donc bien un rondeau octosyllabique. Voir
http://www.academie-en-ligne.fr/Ressources/4/FR51/AL4FR51TEWB0112-Sequence-06.pdf
Bonne après-midi, Cuauhtli, merci pour cet échange philologique.

Écrit par : Tania | 13/03/2013

Dans mes bras, ma soeur! :-) Merci Tania, pour ces précisions, et le lien.

Sur le même modèle, voici un rondeau commis un jour de mélancolie post soixante-huitarde ;-)(rien à voir, évidemment):

"Pour ne pas mourir

Il n'est même jamais passé,
Au fond, ce vieux rêve qui bouge,
D'un monde où l'on voulait raser
Le palais au profit du bouge;

Des temps ou l'on croyait au Che
L'on vibrait pour l'Affiche rouge,
Il n'est même jamais passé
Au fond, ce vieux rêve qui bouge.

Aujourd'hui, le moule est cassé
On ne manie plus dé, ni gouge...
Mais il n'est pas mort, le passé,
Disait Faulkner à Bâton Rouge :
Il n'est même jamais passé."

(Cuauhtli, octobre 2009)

Écrit par : Cuauhtli | 13/03/2013

Merci pour ton poème ! Le sujet fait écho à une critique lue cette semaine dans La Libre à propos du dernier roman de Jean-Luc Outers : http://www.lalibre.be/culture/livres/article/802338/ces-annees-qui-nous-ont-fait-vibrer.html

Écrit par : Tania | 13/03/2013

Merci encore pour le lien, Tania: oui, ce roman m'interesse à plus d'un titre, et je vais le lire très vite.

Sinon, mon rondeau (assez abscons ;-))répondait à un challenge: en 2009, j'avais créé en ligne un groupe de versificateurs, et chaque jour, nous devions chacun produire un texte, avec des contraintes (de forme, de rimes, etc.)Jeu assez formateur, qui s'est terminé au bout de quelques mois, car ça tournait à l'exercice de style, au détriment du contenu :-). Depuis lors, chacun écrit librement, mais je ne renie pas cet apprentissage...

Écrit par : Cuauhtli | 15/03/2013

Ecrire avec ou sans contrainte, ce sont deux pratiques très différentes. Tu connais sans doute la "Petite fabrique de littérature" : http://www.magnard.fr/livre267.html
Bonne journée.

Écrit par : Tania | 15/03/2013

je ne crois pas qu'il y ait là deux pratiques si différentes: de Villon à Apollinaire, en passant par Hugo et même Rimbaud, les poètes du passé n'ont utilisé QUE des formes très codifiées (rondeaux, ballades, sonnets, acrostiches, etc.), et cela n'a entravé en rien leur liberté. De fait, la contrainte, c'est comme un corset: on peut aussi s'épanouir à l'intérieur. Personnellement, j'ai écrit beaucoup de vers depuis mon adolescence, et très peu de vers dits "libres": je n'ai jamais trouvé cela plus facile, ni plus inspirant, au contraire ;-) (bon, je ne parle pas ici de poésie: je fais des vers, je ne me dis pas poète, ce qui est tout autre chose, sans rapport avec la forme :-))

Et toi, Tania, as-tu aussi écrit des vers ?

Écrit par : Cuauhtli | 15/03/2013

Bien sûr, et cela bien avant l'Oulipo. Je ne pensais pas uniquement à la poésie. Pour moi, écrire à partir d'une contrainte reste toujours un "exercice" et j'aime respirer sans corset ;-)
Tes poèmes sont-ils en ligne ? (Oui, j'ai écrit des vers quand j'étais enfant (Tintin en a même publié un) et durant ma jeunesse, plus maintenant.)

Écrit par : Tania | 15/03/2013

J'en ai mis en ligne autrefois, quand je tenais un blog, mais plus maintenant non plus. mais puisque ci-dessus tu parlais de la Flandre, en voici un écrit en 2010 sur Ostende (vision encore un peu convenue: je connais mieux la ville maintenant: je ferai sans doute un Ostende 2 ? ;-)):

OSTENDE – Land in zicht *

On m’avait dit pourtant que je n’aimerais pas
Ton abord provincial, et que l'on parlait bas
Le français, en terre de Flandre.
Mais ta voix est simple à comprendre : 
C’est l’envol des oiseaux, le bruit feutré des pas,
Quand le sol gèle à pierre fendre.

En semaine, l'hiver, le halo des quinquets
Isole sur tes murs des ombres en piquets,
Des gouttes d'eau prises en glace.
Vient le samedi qui déplace
Des foules brandissant des frites en cornets
Et des gaufres au sucre glace.

L’été, même au mois d’août, ton soleil est taquin,
Et ta plage bondée prend l'air américain
D'un chromo des années cinquante.
Quelquefois, un orchestre y chante,
Tandis que les cuistax roulent avec entrain
Le soir, à la marée montante.

Ta digue s'élargit du sable blond des mers,
Pourtant, quand, d’un bateau, la vigie lorgne vers
La ligne de ta terre en vue,
Tes paquebots sont dans la rue :
Muraille de béton, immense et de travers,
Dont dépasse juste une grue.

Dans le parc Léopold dort ton lion dédoré,
Près des estaminets qu’Arno, Brel ou Ferré
Ont évoqués souvent sans voiles.
Et l'on marche sur les étoiles  
Que ton Film-Festival grave pour honorer,
Chaque année, ses fileurs de toiles.

Spilliaert a peint ta nuit et ta lumière, Ensor,
Tes rues, ton carnaval, et même un hareng saur.
Loin du Kursaal, les lèvres rouges
De Seyrig hantent jusqu'aux bouges ;
Mais si l’on danse encore à ton bal du Rat mort 
Sous tes atours fanés, tu bouges !

… Je savais tes couleurs, ton ciel immense ou bas,
Tes peintres, tes auteurs, mais je ne savais pas
Que j’aurai perdu à t’attendre,
Soixante années, mon beau port tendre !
Car c’est dessous ta pluie, en t'écoutant tout bas,
Que j’ai su que j’aimais la Flandre.

C.

Écrit par : Cuauhtli | 15/03/2013

Tu m'en envoies un des tiens? ;-) voici mon, adresse mail : claudine.sigler@wanadoo.fr

A très vite !

Écrit par : Cuauhtli | 15/03/2013

Merci pour "Ostende", qui parle à tous ceux qui aiment la "reine des plages" belges. (Désolée, je n'ai rien à t'envoyer.)

Écrit par : Tania | 15/03/2013

Dommage, Tania, j'aurais aimé que nous partagions les mêmes expériences ;-). Ni modo... Sinon, mon "Ostende" s'appelle aussi "Land in zicht", car dans notre opus "20 Poèmes d'amour" (en fait, 40, écrits en 2011/2012 en alternance avec Dominique Janneteau, et librement inspirés par Pablo Neruda),il est illustré par une longue photo de Jo Struyven (Bon, la partie correspondant à Ostende): http://www.jostruyven.be/frans/struyvenfr.html

Ravie de ces apartés :-). On se retrouvera très bientot en ligne, car je te lis tous les jours avec délices. Amicalement,

Écrit par : Cuauhtli | 16/03/2013

Merci pour le lien & à bientôt, Cuauhtli.

Écrit par : Tania | 17/03/2013

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