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24/04/2012

La mariée

« Les cloches ont commencé à sonner et, juste devant l’église, il y avait nous et la famille de Fanny, c’est comme ça qu’elle s’appelait, la mariée. Comme on n’avait pas de mère et pas de sœur, on avait collé mon frère au bras de sa fiancée, et vlan que tu entres ensemble par la grande allée. Arthur était tout pâle, et sa Fanny, guère mieux, dans sa robe un peu trop large, m’était avis que ce n’était pas la première fois qu’on la mettait, cette robe, qu’elle avait appartenu à quelqu’un qui était entré avec plus de cœur qu’eux deux qui allaient marcher au milieu de l’église vide. Les cloches battaient à toute volée et quand notre Roger est sorti pour l’accueil, ça m’a fait du bien de voir quelqu’un sourire, rapport à la tête que chacun faisait ici, et moi qui n’osais pas découvrir mes dents de peur de recevoir une rouste. »


Geneviève Damas, Si tu passes la rivière

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Commentaires

Une précision -elle a déjà servi- et la robe devient visible.

Écrit par : la bacchante | 24/04/2012

Délicieux et si visuel cet extrait!

Écrit par : colo | 25/04/2012

@ La bacchante : Très juste.

@ Colo : Sans oublier les cloches "à toute volée"...

Écrit par : Tania | 25/04/2012

@ Tu as raison, ambiance totale...sans découvrir les dents!

Écrit par : colo | 25/04/2012

Les commentaires sont fermés.