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18/10/2011

L'instant papillon

« Au reste, des doigts accoutumés à manier le stylo brûlent de l’envie de recommencer : il est nécessaire d’écrire si on ne veut pas que les jours s’écoulent en vain. Comment, sinon, capturer le papillon de l’instant ? Sitôt passé, l’instant est oublié ; l’état d’esprit s’est enfui ; la vie elle-même s’est enfuie. En cela, l’écrivain possède un avantage par rapport à ses semblables, lui qui saisit au vol ses changements d’humeur. L’évolution a quelque chose d’exaltant, de dynamique et aussi d’inquiétant. Evolution de l’âme, évolution de l’esprit : nos observations de l’année dernière nous apparaissent puériles, superficielles ; cette année – cette semaine – maintenant, avec cette remarque  –, nous croyons avoir atteint un nouveau degré de maturité. Certitude trompeuse, peut-être, mais stimulante, et qui du moins nous empêche de stagner. »

Vita Sackville-West, Une aristocrate en Asie

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Commentaires

En écrivant, le stylo se métamorphose en pélikan, en nuage, en pétoire, en sarabande, en flamme, en mont blanc, en cendrier, en orchestre, en sarbacane, en ludion, en forêt, en puzzle, en horoscope, en rucher, en infirme, en regards, en tribun, en schizophrène, en guirlande, en mirifique, en pléiade...

Écrit par : JEA | 19/10/2011

Pas complètement sûre que les jours s'écoulent en vain si on ne les écrit pas...mais grâce soit rendue à ceux qui savent capter avec justesse ces "instants-papillons".

Écrit par : colo | 19/10/2011

"Le papillon de l'instant" : il faut bien viser avec son filet pour l'attraper ! Mais l'attraper c'est le perdre...

Bon JEA écrit des commentaires qui me paraissent toujours tellement extraordinaires que je n'ose plus en laisser moi-même !

Écrit par : Euterpe | 19/10/2011

Encore elle ! Voilà trois fois que je tombe sur Vita Sackville-West en deux jours ! C'est un signe, mais lequel ?

Écrit par : Ariane | 19/10/2011

L'écrivain est le photographe des mots . Et lorsqu'il a "épinglé " une idée , une sensation , il retourne à la chasse à l'éphémère .
Sa collection s'agrandit de jour en jour mais les premières prises se flétrissent , jaunissent , se désagrègent au fil du temps .
Tout est toujours à recommencer et c'est ainsi qu'on redécouvre sans cesse ce qu'on croyait avoir disparu !
C'est d'ailleurs pour cela que la terre est ronde !

Écrit par : gérard | 19/10/2011

Incroyable, cette nécessité d'écrire, "si on ne veut que les jours s'écoulent en vain". L'écriture devient-elle la seule raison d'être et de capturer?

Écrit par : delphine | 19/10/2011

@ JEA : ... en fumée, en larme, en fusée, en rire, en arabesque, en profil perdu...

@ Colo : J'aime que le temps, comme la seiche, lâche son encre avant de s'enfuir.

@ Euterpe : Vous faites bien de reprendre exactement "le papillon de l'instant", vous qui promenez votre filet dans le temps passé.

@ Ariane : "Signe de vie
Signe de chance
Signe de coeur " (Robert Desnos)

@ Gérard : Redécouvrir, réveiller, retourner, revenir... Vous aussi, vous m'entraînez dans la ronde !

@ Delphine : Incroyable ? Essentielle, vitale - pour l'écrivain.

Écrit par : Tania | 20/10/2011

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