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19/02/2011

Tant d'écrivains

« Vous voyez, me dit-il en arpentant la pièce, il y a aujourd’hui tant d’écrivains. Tout le monde veut être écrivain. Regardez le courrier de ce matin, par exemple. Trois ou quatre lettres d’auteurs en herbe. Ils veulent tous être publiés. Mais, en littérature comme dans la vie, il faut observer une certaine chasteté. Un écrivain devrait s’attaquer uniquement à ce qui n’a pas été fait avant lui. N’importe qui ou presque peut écrire « Le soleil brillait, l’herbe étincelait de lumière », etc.

Sa voix s’estompa.

- Quand j’écrivais Enfance, j’étais convaincu que personne avant moi n’avait décrit la poésie de l’enfance de cette façon particulière. Mais je vais le redire : en littérature comme dans la vie, on ne doit pas être prodigue de ses dons. Vous ne croyez pas ?

Je fis signe que oui. Que pouvais-je dire ?

- En quoi peut-il profiter à un homme de gagner le monde entier et de perdre son âme ? demanda Léon Nikolaïevitch. »

 

Jay Parini, Une année dans la vie de Tolstoï (16. Boulgakov)

 

Bouleaux à Iasnaïa Poliana.JPG

 

 

Commentaires

Bel extrait qui interpelle et qui pose en final la question du sens... question qui revient sans cesse et s'étend à tous les arts.
Les "bouleaux(ots) russes" qui tournent à l'envers du sentier épousent bien l'idée du tourment ;-).

Écrit par : MH | 19/02/2011

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C'est un sujet d'actualité! J'entendais ce matin sur la première une journaliste affirmer que le véritable auteur se révèle avec son deuxième voire son troisième livre. Car tout le monde porte en lui un livre qui est inscrit en lui. Je trouve que c'est assez juste. Qu'en penses-tu?

Écrit par : delphine | 19/02/2011

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@ MH : Cela me fait plaisir de voir mes illustrations appréciées, MH, et vous le faites régulièrement, merci. Le bouleau est un de mes arbres préférés, ceux de Iasnaïa Poliana et les forêts de bouleaux russes m'ont laissé de grands souvenirs.

@ Delphine : Je suis d'accord, tu l'imagines bien - reste à l'écrire ! Ce sera le sujet de mon prochain billet, consacré à une romancière espagnole qui était à la Foire du Livre aujourd'hui.
Ici Tolstoï parle de littérature, et tous les livres ne sont certes pas à la hauteur de cet idéal.

Écrit par : Tania | 19/02/2011

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Peupliers et/ou bouleaux, enfance et poésie. L'écriture et ses thèmes sont universels... et nos billets de cette semaine se rejoignent dans le vent et le chant des arbres.
Ah, j'attends ton prochain billet avec grande impatience!!!

Écrit par : colo | 19/02/2011

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Elfriede Jelinek :
- "L'écriture vous tire comme un chien en laisse, mais elle peut aussi se retourner contre vous et vous sauter à la gorge."

Écrit par : JEA | 19/02/2011

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Monce, voilà une pensée qui fait mouche!

Écrit par : Damien | 20/02/2011

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@ Colo : Il restera dans la sphère de l'écriture, tu le sais déjà !

@ JEA : Une image forte, merci.

@ Damien : Qu'elle ne t'empêche pas d'écrire, surtout.

Écrit par : Tania | 20/02/2011

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Je me suis fait le même type de réflexion en me rendant hier à la Foire du Livre de Bruxelles...

Écrit par : Un petit Belge | 20/02/2011

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@ Un petit Belge : Il y a des années que je n'y vais plus, je préfère les librairies, et pourtant j'ai de bons souvenirs des fois où j'y échappais à la foule et au bruit.

Écrit par : Tania | 21/02/2011

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merci beaucoup pour ce lien vraiment fort intéressant - j'ai raté "la cerisaie" au Martyrs, mais par contre j'ai eu le plaisir de revoir la version de louis malle de "vanya, 42street" - un vrai régal

Écrit par : niki | 09/03/2011

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