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08/01/2011

Reines de la ville

« Hamra était déserte, aucun immeuble n’était debout, les bombes au phosphore brûlaient tout, en même temps la ville était à nous, nous étions seules dans les rues, nous étions les reines de la ville qui n’appartenait qu’à nous. Nous étions enfin tous égaux, nous avions tous faim et soif et nous étions tous très sales. Pas âme qui vive. Je sentais que je pouvais compter sur n’importe quel voisin ou passant, nous étions enfin dignes d’exister. »

 

Darina Al-Joundi / Mohamed Kacimi, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

 

Commentaires

Si douloureux tout ça! Je n'ai jamais bien réussi à comprendre ce qui se passait là-bas: je vais suivre les liens donnés précédemment.

Écrit par : mango | 08/01/2011

« Nous étions - enfin - digne d’existe » … interpellant constat que celui-là … mettant bien en exergue toute l’ambigüité égoïste de l’homme de notre civilisation et de notre époque … pour être digne d’exister, nous devons être dépouillés de nos artifices de bonheur … !!! … ?

Écrit par : doulidelle | 08/01/2011

C'est dans le malheur extrême que les humains semblent parfois apprendre le mieux à s'aimer entre eux.

Écrit par : Euterpe | 08/01/2011

Passage terrible, mais qui ramène tout de suite à l'essentiel.

Écrit par : Aifelle | 09/01/2011

Oui, comme le dit Aifelle, terrible ce passage; tous égaux dans les ruines.

Écrit par : colo | 09/01/2011

@ Mango : Merci pour ton passage, Mango.

@ Doulidelle : Oui, "interpellant" est le mot juste - dans le dépouillement, les relations redeviennent plus vraies.

@ Euterpe, @ Aifelle, @ Colo : Hélas !

Écrit par : Tania | 09/01/2011

J'ai entendu et vu Darina Al Djouni en entretien. Elle est étonnante et parle de ce temps de la guerre en insistant sur le fait que la guerre s'inscrit dans le paysage et pousse chacun à vivre plus intensément et ainsi à oublier l'horreur. On s'habitue à tout hélas! Quel beau titre.

Écrit par : Zoë Lucider | 09/01/2011

@ Zoë Lucider : Cette jeunesse libanaise flirtait avec les extrêmes, prenait tous les risques. Votre remarque me rappelle Dostoîevski : "Un être qui s'habitue à tout. Voilà, je pense, la meilleure définition qu'on puisse donner de l'homme." (Souvenirs de la maison des morts).

Écrit par : Tania | 10/01/2011

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