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16/01/2010

Charmant désordre

« Je choisis une librairie, attiré par l’exposition des poèmes de Hofmannsthal. L’échoppe, très étroite, forçait les chalands à se serrer auprès des longues tables. Un charmant désordre mêlait toutes sortes d’éditions anciennes et modernes : romans, cartes postales, livres de photographies, compulsés librement par les curieux, formaient des piles instables. L’air sentait l’encre d’imprimerie et le bois ciré. D’autres essences, ajoutées aux fumées d’un poêle à charbon, se dispersaient en courants rapides : le parfum d’une lectrice, l’odeur d’un
manteau encore empreint de la fraîcheur des rues. »

Robert Alexis, La véranda

Alexis La véranda (couverture Points).jpg

Commentaires

de vraies librairies offrent comme des oasis dans les déserts surpeuplés des villes...

Écrit par : JEA | 16/01/2010

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Voilà un extrait lui-même plein de charme, comme la librairie. Un lieu que l'on aimerait connaître.

Écrit par : Aifelle | 16/01/2010

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Que d'odeurs en plus!
Je dirais qu'il y a même un parfum de châtaignes grillées.

Écrit par : colo | 16/01/2010

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Souvenir de mes 20 ans … quand je « trifouillais » les vieux bouquins dans des caisses sous les étals, que seuls mes tout petits moyens me permettaient … ces trésors, (pour moi), je les ai toujours, 60 ans après, prêts à restituer ces émotions inouïes de la découverte d’un monde « interlope » de la culture … Ils sont sales, jaunes et mal découpés (à l’époque, les livres étaient reliés en folios pliés qu’il fallait « libérer » avec un coupe-papier …)

Écrit par : doulidelle | 16/01/2010

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@ doulidelle

avec le coupe-papier (j'en offre encore régulièrement, notamment, pub gratuite, ceux des musées de France), avec ce coupe-papier, nous étions comme des explorateurs-lecteurs, les premiers à séparer des pages refermées jusque-là sur leurs mystères

Écrit par : JEA | 16/01/2010

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Je crais qu'elles ne disparaissent peu à peu, les librairies, avec la disparition programmé des livres en papier. Pas demain, mais certainement après-demain. Et comme une madeleine dans le congélateur, leurs odeurs vont se désagréger. C'est pourtant adorable une librairie. Mais bon, la littérature survivra.

Écrit par : Damien | 16/01/2010

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Je crois que je ne suis vraiment heureuse que dans une librairie ou à la Médiathèque, je peux y passer deux à trois heures sans ennui et le "charmant désordre" du titre les rend encore plus sympathiques. Votre billet chère Tania invite à libérer les souvenirs de ces lieux magiques. Merci
Amitiés de Limoges

Écrit par : racine | 16/01/2010

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Comme bruxellois j 'adore flâner chez Tropismes une très belle librairie où l 'on peut à l'aise découvrir des trésors de bouquins dans une ambiance feutrée et conviviale dans un " décor" magnifique.

Écrit par : vayhair | 17/01/2010

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@ JEA : belle image, on s'y abreuve, en effet. Jamais vu de coupe-papier de la RMN, il faudra que je cherche.

@ Aifelle : j'ai cherché une belle photo de librairie ancienne, et puis j'ai préféré laisser parler les mots.

@ Colo : magie des sens - et de l'imagination !

@ Doulidelle : ah oui, ces pages à ouvrir d'abord, un rite que j'ai connu aussi, quand donc cela a-t-il pris fin?

@ Damien : il restera toujours des îles de livres, plus rares sans doute, plus précieuses encore.

@ Racine : oui, ces heures-là sont très particulières, hors du temps même.

@ Vayhair : une excellente librairie bruxelloise que je fréquente avec plaisir, dans les magnifiques galeries royales Saint-Hubert.

Écrit par : Tania | 17/01/2010

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La critique invitait déjà à la lecture.
L'extrait nous précipite vers elle. Surtout quand on a été libraire un quart de siècle!

Amitiés de Montréal

Écrit par : Lali | 18/01/2010

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