05/09/2009
Ames sensibles
« Cependant, je songe soudain que c’est sans doute en cela que réside, au-delà de toute emphase, la vocation profonde et limitée de la littérature : constituer
au fil du temps une société idéale d’âmes sensibles (selon l’expression de Stendhal), lesquelles, jusqu’au cœur des plus éprouvantes circonstances et des pires tribulations – réelles ou imaginaires -, prennent le temps de consigner sur des carnets leurs émois, leurs observations et leurs pensées, afin de les communiquer à d’autres – fraternelles et compréhensives dans les lointains
de l’espace et du temps – au sein de ce monde perpétuellement ravagé par l’activisme renaissant des médiocres et des brutaux. »
Denis Grozdanovitch, Petite confrérie d’âmes sensibles in Petit traité de désinvolture
08:28 Publié dans Culture, Littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : grozdanovitch, petit traité de désinvolture, essai, littérature française, philosophie, oisiveté, littérature, culture





Commentaires
surtout ne pas s'abstenir de lire...
Écrit par : JEA | 05/09/2009
Répondre à ce commentaire"l'activisme renaissant des médiocres et des brutaux" très très actuel ..
Écrit par : Aifelle | 05/09/2009
Répondre à ce commentaireBonsoir Tania, beaucoup à lire ici : tant mieux. J'avoue que ce petit traité de désinvolture me tente. Moi qui suis une éternelle dilettante. "cette société idéale d'âmes sensibles" éprise de littérature c'est ce que je trouve sur cette toile tissée de liens choisis... Je ne sais pas comment vous êtes venue chez moi mais j'en suis ravie. Bien à vous.
Écrit par : carole | 05/09/2009
Répondre à ce commentaire@ JEA: absolument - et si l'on ne sait pas où, indications précises pour arriver au Carrefour de la Lecture sur http://motsaiques.blogspot.com/2009/09/p-170-entre-terre-et-mer.html
@ Aifelle: tu trouves aussi? ;-)
@ Carole: bienvenue, Carole. J'ai trouvé vos "miettes" sur l'un ou l'autre de ces blogs dont vous parlez, je ne sais plus lequel. Merci pour le commentaire.
Écrit par : Tania | 06/09/2009
Répondre à ce commentaireAh ! ce que j’aime ce texte, moi l’idéaliste (ouvert, pas dans le sens égoïste défini par Diderot), ce texte qui souligne la vraie valeur de la littérature et « de sa vocation profonde et limitée » de constituer « une société idéale d’âmes sensibles » pour les communiquer à ceux qui rejettent « l’activisme renaissant des médiocres et des brutaux »
Écrit par : Doulidelle | 06/09/2009
Répondre à ce commentaire@ Doulidelle: merci pour ton enthousiasme !
Écrit par : Tania | 06/09/2009
Répondre à ce commentaireJe ne peux qu'adhérer à ce texte concis et explicite. Oui, il y a un fossé immense entre la sensiblerie qui affecte souvent notre société très émotionnelle et la sensibilité qui est d'autre nature et habite généralement les créateurs. Ne pas pas confondre non plus avec sentiment. On peut être sensible sans être vraiment sentimental et vice versa. Se replonger dans les fonctions psychiques selon Le Senne, soit pensée, sentiment, sensation et intuition. C'est passionnant. On voit comment un sentimental a du mal à dominer sa raison, comment un penseur est dérouté par ses sentiments et comment un intuitif est mal à l'aise avec ses sensations. Ainsi a-t-on l'explication de nos dualités les plus secrètes.
Écrit par : Armelle B. | 06/09/2009
Répondre à ce commentaire@ Armelle B.: beau prolongement aux propos de Grozdanovitch.
Pour ce commentaire lui-même concis et très clair, merci.
Écrit par : Tania | 07/09/2009
Répondre à ce commentaireArmes sensibles aussi parfois , non ?
Écrit par : Cactus | 08/09/2009
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